MENCENT LA GUERRE ENTRE EUX
taine. Les guerriers absents, ayant été promptement avertis de ce qui se passait, coururent en diligence, sans pouvoir cependant joindre les Iroquois. Mais les nations du voisinage de ces Algonquins, résolues de venger l'injure faite à leurs alliés, firent aussitôt un parti considérable, allèrent attaquer des Iroquois occupésalors à leurs chasses, qui tous furent défaits ; & cette irruption qui alarma toutes les nations Iroquoises, leur inspira des sentiments de guerre et de vengeance contre tous les Algonquins.
GARAKONTIÉ DÉTERMINE Garakontié, ce capitaine célèbre d'Onnontagué, déjà LES IROQUOIS A PRE nommé plusieurs fois, voyant que la paix avec les Franse Fos te çais pouvait être troublée par les actes d'hottilité entre LEURS DÉNÊLÉS AVEC [es Iroquois & les Algonquins, & que les Français qui FOR montaient & descendaient le fleuve avec ces derniers
pouvaient être enveloppés avec eux, envoya à toutes les nations Iroquoises des colliers de porcelaine, pour arrêter les partis de guerre, qu'on commençait à former. Il leur remontra qu'il était plus à propos de se rendre à Villemarie, où les Algonquins supérieurs devaient descendre, pour y faire leur traite; & que c'était là le lieu où ils devaient exposer leurs plaintes réciproques, & terminer leur différend, en présence de M. de Courcelles, qu'ils avaient choisi autrefois pour arbitre dans leurs démélés. Ayant ainsi donné les ordres partout, & persuadé aux Iroquois de prendre cette résolution, il se met le premier en chemin, & arrive heureusement à Montréal, en même temps que la dernière bande des Algonquins supérieurs, qui étaient au nombre de quatre-vingts où quatre vingt-dix canots, portant plus de quatre cents personnes. Ils espéraient y trouver M. de Courcelles ; mais celui-ci, à qui on en donna aussitôt avis, ne jugea pas à propos de quitter Québec, & manda aux chefs des nations d'aller l'y trouver: ce qu'ils firent au nombre de vingt de chaque nation. On assembla donc le Conseil.
XI. | | | DÉTANSE: DES ALGONS Les Algonquins, qui y parlèrent les premiers, dirent
ent
qu'ils avaient respecté les ordres du Gouverneur, touchant la paix; mais que les Iroquois de Sonnontouan ne les imitaient pas en cela, ayant défait presque cent de leurs alliés, dont la plupart avaient été faits esclaves; qu'ils priaient le Gouverneur de se ressouvenir, qu'en pleine assemblée de toutes les nations, il avait protefté qu'il punirait ceux qui contreviendraient aux articles de la paix; & qu'ainsi, ils l'exhortaient à tenir sa parole. M. de Courcelles leur répondit : que, puisqu'il avait fait mourir quelques Français, pour les punir des meurtres dont ils s'étaient rendus coupables sur les Iroquois, on ne devait point douter qu'il ne fit juftice de tous ceux qui oseraient troubler la paix; & que, quant aux Iroquois de Sonnontouan, il commençait à les punir sur l'heure même, en retenant captifs ceux de cette nation, qu'on lui avait amenés des Outaouas pour qu'il les leur rendit. Garakontié parla à son tour, au nom de tous les Iroquois, & proteita que ceux de Sonnontouan n'avaient fait aucun dommage aux Outaouas, mais seulement à une nation, qui n'était point entrée dans l'alliance des Français; & qu'ainsi ils ne devaient pas être accusés d’avoir rompu la paix en cela. Quant à la foi chrétienne, que le Gouverneur désire voir répandue partout, ajouta-t-il, je la professe publiquement, parmi ceux de ma nation; je n’adhère plus à aucune superftition; je renonce à la polygamie, à la vanité des songes : c'eft moi proprement, qui obéis au Gouverneur, & non pas ces Outaouas, qui, après tant d'années d'instruction, ne sont pas encore Chrétiens.
Il parla même dans le Conseil, avec tant de feu & de zèle, de son amour pour la foi chrétienne, & du désir qu'il avait d'être baptisé, que M. de Laval jugea qu'on ne devait pas lui différer plus longtemps le baptème. Il le lui conféra en effet, dans l’église cathédrale de Québec, en présence d'un grand concours de sauvages de presque toutes les nations; M. de Courcelles voulut bien être lui-même son parrain, & mademoiselle de Bouteroue sa marraine.