‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 244 sur 392 · CURE · texte numérisé non relu

CURE

(5) lbid., p. 3.

fortifier le pays contre les Iroquois, en leur fermant ces deux voies par où ils avaient coutume de descendre pour attaquer Montréal, les Trois-Rivières & Québec; & dans ce dessein, M. Talon y fit des concessions en grand nombre. À M. de Sorel, capitaine au régiment de Carignan, qui commandait au Fort Richelieu, il donna ce Fort & deux lieues & demie de terres de front sur deux lieues de profondeur; & pour le mettre plus en état de fermer le passage du fleuve Saint-Laurent aux {roquois, il ajouta encôfe à cette concession l'ile Saint-Ignace, l’île Ronde & l'ile de Grâce (1). Dans ce même dessein, il donna au sieur Du Pas l’île déjà appelée de ce nom avec d’autres îles adjacentes, ainsi qu'un quart de lieue de terres audessus, & une autre au-dessous de la rivière du Chicot, sur une lieue & demie de profondeur (2). Par ces concessions, comme aussi par celle qu'il fit à M. de Berthier, située en face du Fort Richelieu, il voulut fermer aux Iroquois tous les passages. Enfin, pour les arrêter sur la rivière même de Richelieu, avant qu'ils pussent arriver au Fort Saint-Louis, il donna ce Fort à un autre capitaine qui commandait alors les troupes en Canada, .M. de Chambly, & avec le Fort les terres adjacentes, dans l'étendue de six lieues sur une lieue de profondeur, le long de cette même rivière qu'on appelait aussi alors de Saint- Louis, du nom de ce Fort (3). En outre, il donna au chevalier Roch de Saint-Ours, enseigne de la compagnie de Chambly, quatre lieues de terres de front sur une lieue de profondeur, à prendre sur la même rivière (4), & au sieur de Saint-Ours, capitaine au régiment de Carignan, toutes les terres bornées par le fleuve & par la rivière Ouamaska, depuis la concession faite à M. de Sorel jusqu'à celle de M. Antoine Piccody de Contrecœur (3). Ce dernier, né au pays de Dauphiné, servait le Roi depuis trente-cinq ans, & s'était diftingué dans beaucoup d'occasions, tant en France qu'à l'étranger. Il avait été blessé dans sept combats, notamment à celui du faubourg Saint- Antoine, en se battant pour le Roi contre les Frondeurs,

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sous les ordres du vicomte de Turenne, où il reçut au bras un coup de feu dont il demeura eftropié. Pour toutes ces belles & généreuses actions, il avait été anobli, en 1661, lui & toute sa pottérité (1); & enfin étant passé en Canada pour s'y établir, avec une partie du régiment de Carignan où il était capitaine, il reçut en fief deux lieues de terres de front sur autant de profondeur. Au bord du fleuve Saint-Laurent, le sieur de Vitré (2) eut pour sa part une demi-lieue de front sur une lieue de profondeur (3), & le sieur de Verchères, enseigne de la compagnie de Contrecœur, une lieue de front sur une lieue de profondeur (4) ; le sieur de Grandmaison reçut pour son fief trente arpents de front au bord du fleuve, sur une lieue (5), & les sieurs Michel Messier & Jacques Le Moyne, qui avaient si bien mérité de la colonie, obtinrent une lieue de terres de front sur une lieue & demie de profondeur, qu'ils partagèrent entre eux le 1° août 1676. La partie échue à Jacques Le Moyne porta le nom de seigneurie du Cap de la Trinité, & l'autre celui de Saint-Michel {6) (*). M. de Varenne, ancien lieutenant d'une compagnie des troupes du Roi, & ensuite Gouverneur des Trois-Rivières, eut pour son fief vingt-huit arpents de terres de front au bord du fleuve Saint-Laurent, sur une lieue & demie de profondeur, & d’autres encore, avec diverses îles, à l'exception de deux que le sieur du Gué prétendait lui appartenir (7). Sidrac du Gué de Boisbriant, dont on a parlé, capitaine au régiment de Carignan ou de Chambly (8), reçut en fief diverses îles, notamment celle où il avait commencé, depuis quelques années, des défrichements, appelée déjà de Sainte-Thérèse, située en face & à l'extrémité de l'île de Montréal (9), & M. Boucher cent quatorze arpents de

(*) Cette concession a été oubliée dans le Recueil des pièces € documents relatifs à la tenure seigneuriale, imprimé en 1852 par ordre de l'Assemblée législative, & ce n’eft pas la seule omission de ce genre qu’on découvre dans ce Recueil.

(1) Regittre des in:

sinuations au Conseil souverain B, n° 2, fol, 56. Lettres de noblesse d'Antoine Piccody de Contrecœur.

(2) Pièces & documents sur Ja tenure scigneuriale, p. 07,

(3) Ibid., p. 33.

(4) lbid., p. 6, 7.

(5) Ibid, p. 204.

(6) Gretle de Villemarie, 23 juin 1706.

Foi & hommage, par Le Moyne, sieur de Martiny, fils de Jacques Le Moyne, Aëte d'Adhémar.

(7 Pièces & documents sur la tenure seigneuriale, p. 127,

8) Regiftre de la paroisse de Villemarie. Baptème, 10 septembre 1678.

(o) Pièces & documents sur Ja tenure seigneuriale, p. 90,

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(1) Pièces et documents sur la tenure scigneuriale, p. 84.

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