OFFICIERS CIVILS, ÉLEC- TION DES SYNDICS
(2) Greffe de Villemarie, 15 mars & 15 mai 1072,
(3) Grefte de Villemarie, 31 mai 1667.
(4) Jbid., 19 août 1068,
l'éleétion se faisait quelquefois dans la salle du Séminaire, ou même dans la salle d'audience du château. Ainsi l'assemblée générale du 15 mai 1672, pour élire un syndic, fut tenue dans la salle d'audience, à l'issue des Vépres, présidée par M. d’Aillebouft, assiflé, selon l'usage, de M. Migeon de Branssat, procureur fiscal, & du greffier. Parmi les notables du pays qui se présentèrent pour donner leur suffrage, se trouvaient Charles Le Moyne de Longueuil; Jacques Le Ber, son beau-frère; Gilbert Barbier, Nicolas Hubert dit Lacroix, Jacques-Urbain Brossart, Jean Desroches, Étienne Truteau, Jacques Archambauld, Toussaint Hunault, Mathurin Langevin, & d’autres, au nombre de vingt-neuf. M. d’Aillebouft reçut successivement leurs suffrages, dont ie greffier prit note à l’inftant; & il se trouva que Louis Chevalier, absent de l'assemblée, avait eu plus de voix qu'aucun autre, en ayant obtenu dix-neuf. Là-dessus le procureur fiscal prit la parole & dit que non seulement il n'avait point d'opposition à faire à l’éleétion de Louis Chevalier, mais qu'au contraire il l'approuvait, comme étant la personne la plus capable de gérer dignement la charge de syndic. En conséquence de ces conclusions, M. d’Aillebouft rendit l'ordonnance suivante : « Nous Charles d’Aïllebouft, écuyer, bailli de l'île « de Montréal, avons ordonné & ordonnons que le sieur « Louis Chevalier sera de nouveau procureur syndic de « l'île de Montréal, pour agir, poftuler & adminiftrer en « cette qualité toutes les affaires présentes & à venir, qui « concernent le bien commun des particuliers de cette île, « comme aussi pour employer les deniers qui lui seront « mis en main à cet effet, & même avancer ceux qui se- « ront nécessaires; ce qui toutefois sera fait de notre con- « sentement, de celui du procureur fiscal & de l'agrément « des habitants, que nous assemblerons pour cet effet « dans les occasions occurrentes, sauf à lui de répéter ses « avances contre qui il sera avisé être bon. Et d'autant « que Louis Chevalier n'eft point présent à l'assemblée, « nous ordonnons qu'avant d'être admis à la charge de
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« syndic, il prêtera devant nous le serment requis & or- « dinaire (*) (1). »
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(*) Quelques mois après, Louis Chevalier juftifia l'opinion avantageuse que ses concitoyens avaient conçue de son intelligence & de sa sagesse dans la geftion de leurs intérêts, par la demande qu’il fit au Gouverneur & au juge. Ce fut de convoquer les habitants pour qu’ils déterminassent eux-mêmes, à la pluralité des voix, une queftion d’intérêt public, afin qu’en exécutant comme syndic ce qui aurait été ainsi réglé, il n’excität ni les murmures ni les plaintes de personne. Nous exposcrons ici les détails de cette affaire, qui montreront, comme au naturel, la simplicité de l’adminiftration de ces anciens temps, & la circonspection avec laquelle on procédait à l'imposition des taxes sur les habitants, quoiqu’elles fussent alors si légères. Le Gouverneur de Montréal, M. Pérot, comme tous les autres Gouverneurs, avaic sous ses ordres un petit nombre de soldats qui composaient sa garnison particulière ; &, d’après l'usage, c'était aux habitants à la loger, comme étant deftinée à assurer la tranquillité de tous. Le syndic, obligé par son emploi d’assigner des logements à la garnison, voulut que l’Assemblée des habitants déterminät elle-même la taxe qu’on lèverait sur toutes les familles de l’île pour fournir à cette dépense, & qu’elle réglât pareillement s’il pourrait, avec le produit de la taxe, louer pour des soldats quelque logis particulier, ou les placer individuellement chez ceux des habitants qui demeuraient dans le voisinage de la maison du Gouverneur (2). Cette affaire, à laquelle M. d’Aillebouft donnait les mains, ayant cependant trainé en longueur, le syndic s'adressa l'année suivante au Gouverneur général qui, le 27 juin 1673, rendit une ordonnance, datée du chàteau de Villemarie, par laquelle il enjoignit aux habitants de s'assembler en présence des seigneurs de l’ile pour détermi er entre eux s’il serait plus expédient de faire bâtir un corps-de-gar e ou de louer une maison, L’Assemblée fut néanmoins encore différé jusqu’à la fin de l’automne, sans doute pour que les habitants de la campagne pussent s’y rendre sans être détournés de leurs travaux. Du moins, dans son ordonnance de convocation, M. d’Aillebouft annonçait que la taxe deftinée à procurer des logements à la garnison serait levée sur les habitants des côtes aussi bien que sur ceux de la ville, tous étant protégés par les soldats du Gouverneur (3). Enfin, l'Assemblée fut tenue au château, sous la présidence de M. d’Aillebouft, le 3 décembre suivant, à l’issue de la Grand’Messe, & en présence du Supérieur du Séminaire; tous ayant donné leur suffrage, la majorité fut d’avis non de bâtir une maison pour corps-de-garde, mais d’en louer une à cet eflet, & de dresser un rôle des habitants pour lever sur eux une taxe, de laquelle seraient exemptes les Religieuses de l’Hôtel- Dicu & les Fiiles de la Congrégation de Notre-Dame. En conséquence, on loua une maison, pour le prix de cinquante livres chaque
(1) Greffe de Villemarie, 15 mai 1072.
(2) Ibid, 16 nov,
Ibid.,