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PREMIERS EXEMPLES DU MONOPOLE DU BLÉ

1) Greffe de Villemarie, 26 janv. 1671.

He (2) Ibid, 2 avril 1i l 1671, DÉSORDRES COMMIS PAR LES VOLONTAIRES.

La * . * . . L , « que le profit qui en reviendrait fût employé à ces constructions.

La cupidité, qui eft la racine de tous les maux & va jusqu'à éteindre tout sentiment d'humanité, porta quelques particuliers, en 1670, à faire le monopole du blé, pour le vendre ensuite à haut prix; & c’eft ici le premier exemple que nous offre la colonie de Montréal de ce crime déteftable. Ceux dont nous parlons se mirent à parcourir les côtes, & à acheter tout le blé qu'ils trouvèrent à vendre, ce qui obligea ensuite les pauvres & les autres particuliers à recourir à eux, à leur notable détriment. M. Talon, informé de cette tactique cruelle, prit des moyens pour obliger chacun, à n'acheter de blé que pour sa provision; & défendit, sous peine de confiscation, d'en vendre à personne, avant que les magasins du Roi en fussent suffisamment pourvus (1). Il fixa aussi le prix du blé Français à trois livres deux sous le minot ; ce qui n'empêcha pas le meunier de la Touche-Champlain de profiter de la disette pour le vendre cent sous, & encore mêlé de blé d'Inde : infraction qui obligea l'Intendant à sévir contre lui (2).

Le licenciement d'une partie des troupes dans le pays y avait multiplié, malgré le zèle des magiftrats, cette classe d'individus appelés volontaires ou trayvaillants, qui, n'étant point engagés, par contrat, au service de personne, étaient censés travailler à la journée, & donnaient lieu à un grand nombre de désordres par leur vie errante & libertine. Mais nulle part ces volontaires ne furent plus répandus qu'autour de Villemarie; &, le Juge des seigneurs s'étant efforcé en vain de les ranger à leur devoir, on s'adressa enfin au Conseil souverain, pour les obliger à s'engager à des maîtres ou à se faire habitants. Le Conseil, entrant dans des vues si sages, leur défendit, sous peine d'amende, de faire la traite avec les sauvages, & ordonna en outre que chaque année les juges des lieux lui présenteraient le

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nom de chacun de ces volontaires, avec un rapport fidèle de la conduite qu'ils auraient tenue. Cet arrêt fut publié & affiché à Villemarie, à la Chine & à la Pointe-aux-Trembles (1). Ce furent sans doute ces volontaires qui donnèrent à la colonie les premiers exemples de vols dont clle eut à gémir, & obligèrent les colons à prendre des moyens de sûreté, inconnus avant cette époque.

Nous avons raconté que la bonne foi & la probité des habitants, comparables à celles des chrétiens de l'Eglise primitive, étaient cause que, parmi eux, rien n'était fermé sous la clef, ni leurs maisons, ni leurs caves, ni leurs coffres; & que personne n'avait jamais à se repentir de sa confiance. Par un effet de cette probité parfaite, plus sûre que toutes les précautions, la plupart de ceux qui allaient aux moulins, pour faire moudre leur blé, s'étaient contentés jusqu'alors de mettre leurs sacs à la porte, sans déclarer aux meuniers la quantité de blé qu'ils apportaient, ni même sans avoir, sur leurs sacs, aucune marque particulière qui les fit reconnaître, autrement que par leur dire. Les choses persévèrent de la sorte, à Villemarie, jusqu'en l'année 1670. Mais, vers ce temps, plusieurs nouveaux colons, peu délicats, profitèrent de cette confiance pour emporter les sacs des autres; ce qui donna lieu à des plaintes contre les meuniers ; & ceux-ci, le 9 mars de cette année, obtinrent, sur les remontrances du Procureur fiscal, une ordonnance qui fit cesser ce désordre. Ce fut d'obliger tous les particuliers qui apporteraient des grains aux moulins, de les mettre dans des sacs, marqués chacun d'une signe particulier, qui ne pût être confondu avec celui de quelque autre habitant; de faire la déclaration de ces sacs aux meuniers ou à leurs serviteurs, & de ne pas les reprendre sans le leur faire savoir. On condamna, en même temps, à une amende de dix livres tournois, tous ceux qui ne se conformeraient pas à ce règlement, & on fit savoir à tous les colons que, si des sacs non marqués, & non déclarés aux meuniers, venaient à disparaitre,

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