FRONTENAC
(1) Grefle de la justice de Villemarie, 4 & 15 août 1073.
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dans l'établissement de Katarakoui une concurrence contre le sien propre, ne pouvait s'empêcher d’en éprouver quelque mécontentement; & ce fut peut-être par un effet de cette impression pénible que, dans la circonftance même de ce voyage, il se porta à une aétion qui paraïîtrait incroyable, si nous n'en trouvions les détails dans les procédures auxquelles elle donna lieu, que l’on voit encore en original au greffe de la juftice de Villemarie. Après que M. de Frontenac fut parti de ce lie", les Outaouas y arrivèrent pour leur traite, comme ils faisaient tous les ans; & apprenant l’arrivée du nouveau Gouverneur général qu'ils ne connaissaient pas encore, ils crurent devoir procéder à l'ouverture de la traite, en jetant, selon leur usage, quelques paquets de caftors pour lui en faire présent. A la vue de ces fourrures, M. Perrot, Gouverneur, demanda à Nicolas Perrot, qui servait d'interprète, ce que les Outaouas voulaient donc signifier par là; & l'autre lui ayant répondu que ces paquets étaient pour M. de Frontenac, il entra dans une violente colère, & dit avec indignation, en usant de ces expressions triviales qui ne lui étaient que trop familières : « Ces gens-là me prennent-ils pour un « valet de carreau? S'ils veulent parler au Gouverneur général, qu'ils montent donc au pays des Iroquois où il eft allé. Quand il n'eft point ici, c'eft moi qui suis le maître, comme Gouverneur de cette île pour le Roi. » Ensuite, se tournant vers Nicolas Perrot, il ajouta « Dites-leur que c'eft à moi, comme étant ici seul Gou- « verneur, qu'ils doivent faire ces présents. » L'autre s'excusa de ieur traduire cette réponse, & il paraît que sur ce refus le Gouverneur, qui parlait alors tête à tête avec lui, le menaça de coups de bâton pour l'en punir. Cependant il n'en vint pas aux effets, & se contenta de leur faire traduire ces paroles par un autre interprète. Si l'on en croit Nicolas Perrot, les Outaouas furent plus maltraités encore cette année 1673, à Villemarie, par le Gouverneur de ce lieu, qu'ils ne l'avaient été l'année précédente, & s'en allèrent très-mécontents (1).
ÉTABLISSEMENT DU FORT KATARAKOUI. 1073. 465 ke rence La petite armée, malgré les rapides & les sauts, con- m. px rronrenac are
duver tinuait sa route vers le lac Ontario. Comme elle approchait " rare effet de la première embouchure de ce lac, M. de Frontenac, xiraranour nême le 12 juillet, voulant qu'elle marchät avec plus d'ordre it in- qu'elle n'avait fait encore & qu'elle se mit en bataille, fit pro- ranger de front sur une même ligne quatre escadres qui ncore formaient l'avant-garde. Ensuite venaient les deux bateaux s que plats : lui-même marchait après, à la tête de ses gardes, rrivé- des hommes de sa maison, des volontaires placés auprès ns: & de sa personne, ayant à sa droite l’escadre des Trois-Riqu'ils vières, & à sa gauche celle des Hurons & des Algonquins. der à Enfin deux autres escadres marchaient sur une troisième quel- ligne & faisaient l'arrière-garde. A peine eut-on fait une à vue demi-lieue en cet ordre, qu'on aperçut un canot Iroquois à Ni- dans lequel était M. l'abbé d'Urfé, qui venait au-devant aouas de M. de Frontenac avec les capitaines des nations Iroayant quoises. Ils accoftèrent le canot amiral & firent au Gouenac, verneur leur compliment avec de grandes marques de joie ation, | & de confiance, lui témoignant l'obligation qu'ils lui avaient it que de leur avoir épargné la peine d'aller plus loin & de voudé vh loir bien recevoir leur soumission dans la rivière de Kataét rakoui, lieu fort propre pour dresser des cabanes, comme ad a ils allaient le lui faire voir. Après que M. de Frontenac eut ele répondu à leurs civilités, ils se mirent devant lui pour roi. » | servir de guides, & le conduisirent, par l'embouchure de uta : cette rivière, à une portée de canon de l'entrée, dans une Cote anse, qui formait un bassin des plus beaux & des plus ‘antéé agréables.
1e sur XL Tr Ravi de trouver un lieu si propre à son dessein, es cnrs motors epen- | M. de Frontenac descendit aussitôt à terre, & toute la MM r faire petite armée s'empressa de dresser des tentes pour se Lctoit loger. Le lendemain 13, à la pointe du jour, on battit aux éd champs, & sur les sept heures tout le monde fut sous les He armes. Les troupes, rangées sur deux files, s'étendaient ren jusqu'aux cabanes des sauvages & entouraient la tente du Gouverneur, devant laquelle on avait étendu de grandes TOME Il, 30