‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 324 sur 392 · FORT DE FRONTENAC · texte numérisé non relu

FORT DE FRONTENAC

Corps

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de guide Cuerite ur la porte Katarakouy Boulangerie}

Construit par le Sieur de la Salle.

Plan envove par M de Denonvile

de 13 nov.16085, 2 ; hautde 4 pieds à Chaux RESTE TOP 00608

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Grave par Harler P. Dien. Impr Hautefèulle #2 Paris

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«sez pas que la guerre soit le sujet de mon voyage; mon « esprit eft tout rempli de paix, & elle marche avec moi. « Je sais qu'il y a eu des esprits assez mal faits pour avoir « voulu vous persuader du contraire, & que je n'étais venu « en ces cantons que pour manger vos villages. Mais ce sont « des brouillons qui voudraient rompre la paix & l'union « entre nous. Soyez donc convaincus que je n'ai eu d'autre « dessein que de venir vous voir, puisqu'il était bien jufte « qu'un père connût ses enfants & que les enfants con- « nussent leur père. Il ne me refte qu'un déplaisir: c'eft de « ne pouvoir parler votre langue ; mais, afin que vous soyez « pleinement inftruits de mes sentiments, j'ai choisi le « sieur Le Moyne, à qui je vais donner par écrit ce que « je viens de vous dire pour qu'il vous l'explique mot à « mot, & que vous ne perdiez pas une seule de mes pa- « roles. Écoutez-le donc attentivement. » M. de Frontenac, ayant cessé de parler, remit à M. Le Moyne de Longueuil l'écrit qu'il tenait à la main, & fit faire quelques présents aûx sauvages.

Pendant ce temps, le sieur Raudin était occupé à tracer la place du Fort dans le lieu que M. de Frontenac avait déjà choisi, conformément au plan qu'ils en avaient arrèté l'un & l’autre. Immédiatement après le dîner, on ordonna à une partie des hommes de creuser la tranchée deftinée à recevoir les pieux, & à tous les autres d'abattre des arbres, d'équarrir les bois & d'apporter les pieux. L'activité de tous ces travailleurs & la quantité considérable d'arbres qu'ils abattirent étaient pour les sauvages un grand sujet d'étonnement, non moins que la promptitude avec laquelle ils voyaient s'avancer en même temps tous ces divers ouvrages. Le 16 juillet, sur le soir, M. de Frontenac fit avertir les capitaines des cinq nations qu'il leur donnerait audience le lendemain, vers huit heures du matin. Ce jour-là toutes choses étant préparées, on les reçut de la même manière que la première fois; & il leur proposa tout ce qu'il désirait d'eux, en accompagnant son

M. DE FRONTENAC FAIT CONSTRUIRE SON FORT; IL EXHORTE LES IROQUOIS A EM- BRASSER LE CHRISe TIANISME,

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discours ou ses paroles de présents, suivant la coutume des sauvages. La première de ses paroles eut pour tin de les engager à ambrasser le Chriftianisme, & ici M. de Frontenac s'exprima comme eût pu le faire le missionnaire le plus zélé & le plus fervent. « Ileft du devoir d'un bori*père, dit-il, de donner à ses enfants les inftruétions qui leur sont le plus utiles & le plus nécessaires, & je ne saurais vous en donner une plus importante que de vous exhorter à reconnaître le même Dieu que j'adore & à être chrétiens. Ce Dieu, c'eft le Seigneur souverain du Ciel & de la terre, le maître de vos vies & de vos biens, celui qui vous a créés & qui vous conserve, qui vous donne à boire & à manger; qui peut en un moment vous envoyer la mort, puisqu'il eft tout-puissant & qu'il fait ce qu'il veut. Enfin, c’eft lui qui peut vous rendre heureux ou malheureux, quand il lui plaira. Ce Dieu s'appelle Jésus, & les robes noires que vous voyez ici sont ses miniftres & ses interprètes, qui vous apprendront à le connaître quand vous le voudrez. Je ne les laisse parmi vous & dans vos villages que pour vous inftruire. Aussi, je prétends que vous empêchiez qu'aucun de vos jeunes gens ne soit si téméraire que de les offenser, puisque je prendrais ces offenses comme si elles étaient faites à ma propre personne, & que je les punirais avec la même sévérité. Écoutez donc bien le conseil que je vous donne, & ne l'oubliez pas, puisqu'il eft d'une si grande importance pour vous, & qu'en vous le proposant je ne songe qu à vous rendre heureux. Anciens, donnez en cela l'exemple à vos enfants; & si vous n'êtes pas encore disposés à vous faire chrétiens, n'empéchez pas du moins qu'ils ne le deviennent & qu'ils n'apprennent la prière & le commandement de ce grand Dieu que les robes noires vous enseigneront. Il ne consifte qu'en deux points : le premier, de l'aimer de tout notre cœur, de toute notre âme & de toutes nos forces. Anciens, y a-t-il donc rien de plus aisé à faire que d'aimer ce qui eft parfaitement beau, ce qui eft souveraine-

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« ment aimable & ce qui peut faire tout notre bonheur ? « Le second point, c'eft que nous aimions nos frères « comme nous nous aimons nous-mêmes; c'eft-à-dire que « nous les assiftions dans leurs nécessités, & que nous leur « donnions de quoi boire, de quoi manger & de quoi se « vêtir quand ils en ont besoin, comme nous voudrions « qu'on nous en donnât à nous-mêmes. Encore une fois, « anciens, car je vous adresse ma parole, croyant que « vous avez l'esprit assez bien fait pour la comprendre, « dites-moi franchement, y a-t-il rien de plus jufte que ce « commandement, rien de plus raisonnable? Comme je « suis obligé de l'observer moi-même par la profession « que je fais d'être chrétien, vous devez être persuadés « que je ne viens ici qu'avec un cœur rempli de douceur « & de paix. Mes prédécesseurs l'ont faite avec vous, cette « paix; je vous la confirme présentement & avec la même « condition qu'ils vous ont imposée, savoir : que tous les « sauvages, qui sont sous la protection du Roi mon maître « & ses alliés, jouissent de cette paix, & que le premier « qui la rompra soit pendu. » A la suite de ce discours, M. de Frontenac leur fit présenter quinze arquebuses avec une quantité de poudre, du plomb de toute sorte, ainsi que des pierres à fusil.

Sa seconde parole eut pour objet la conftruétion de son Fort. Il dit aux Iroquois que, pour maintenir la paix, il faisait cet établissement à Katarakoui, où ils trouveraient des marchandises que les Français y apporteraient, & que par là eux-mêmes ne seraient plus obligés, comme ils l'avaient été auparavant, d'aller les chercher, par des chemins rudes & fâcheux, à plus de cent lieues de leurs villages. Sa troisième parole eut pour objet l'union qui devait exifter entre les Iroquois, les Algonquins, les Hurons & les autres nations alliées à la France, comme aussi leur union commune avec les Français. Pour cela il les conjura de faire apprendre à leurs enfants la langue Française, par le moyen des missionnaires, & les invita à lui

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DE FRONTENAC DÉ- CLARE AUX SAUVAGES QUE CE FORT EST POUR QU'ILS Y TROU-

VENT DES MARCHAWe DISES, ENFANTS SAU + VAGES A ÉLEVERS

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