‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 33 sur 392 · PROTESTE CONTRE LA PERMISSION DONNÉE VAR M. D'AVAUGOUR · texte numérisé non relu

PROTESTE CONTRE LA PERMISSION DONNÉE VAR M. D'AVAUGOUR

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ORDONNANCE DE M, DE MAISONNEUVE CONTRE LA VENTE DES BOIS- £ONS AUX SAUVAGFS,

vages, & il n'était pas homme à prendre une autre ligne de conduite par complaisance pour M. d'Avaugour. Il n'ignorait pas cependant qu'en interdisant à Villemarie ce que l’autre autorisait à Québec, il attirerait sur soi sa colère, & provoquerait un conflit d'autorité qui ne pourrait tourner qu'au désavantage de la sienne, si ceux qu'il condamnerait pour avoir fait cette traite, appelaient de ses sentences au jugement du Gouverneur général, comme ils en avaient le droit. Mais cette considération ne l'empécha pas d’être toujours fidèle à son devoir, & de suivre invariablement le mouvement de sa conscience. Il jugea même qu'après ce qui venait d'avoir lieu à Québec, il devait protefter respectueusement contre la liberté de la traite, en rappelant adroitement à M. d'Avaugour ses propres ordonnances, & en s'appuyant sur ces ordonnances mêmes, aussi bien que sur celles de M. de Laval, pour la défendre de nouveau. Un accident funefte arrivé sur ces entrefaites lui en fournit naturellement l'occasion. Depuis que M. d'Avaugour avait rétracté ses défenses, quelquesuns à Villemarie s'étaient crus suffisamment autorisés à traiter de ces liqueurs à des sauvages Loups qui se trouvaient alors dans ce lieu; &il arriva que, dans leur ivresse, ces barbares assassinèrent, dans la nuit du 23 au 24 juin 1662, le sieur Michel Louvard, dit Desjardins, sur le seuil même de sa porte, comme il a été raconté déjà.

A l’occasion de ce meurtre, M. de Maisonneuve défendit donc, ce jour même, à tous les colons, de vendre aux sauvages aucune liqueur enivrante, en attendant que M. d'Avaugour et M. de Laval eussent fait un règlement sur cette matière. Il donna pour motif de sa défense, non des raisons de conscience, qu'il aurait pu alléguer, mais la nécessité urgente où il était de veiller à la conservation de la Colonie, menacée d'un massacre général de la part des sauvages, si on leur vendait de ces sortes de liqueurs. L'ordonnance dont nous parlons était conçue en ces termes : « Vu l'assassinat commis, la nuit dernière, en la

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