CONSEIL ET VEUT QU'ON LUI ENVOIE LE SERMON
(2) Capitulaires des roisdeFrance, liv,. VIE, p. 145. Mémoires du Clergé, t. VI, p. 192,
(3) Archives de la marine, 2, 4,7 & 15 mai,
(1) Archives de la marine, Déclaration des Ecclésiaftiques de Montréal, 152 mai
()lbid. Réponse de M. de Fénelon, r2 mai 1074.
(3) Ibid. Lettre de M. de Frontenac à Colbert, 14 nov. 1674.
lement désireux de lui plaire, n'attribuassent à M. de Fénélon des choses qu'il n'avait point dites en chaire, & ne fussent accusés ensuite d’avoir porté faux témoignage contre lui. Il voulut donc recourir à un moyen de conviction plus assuré : ce fut d'exiger qu'on lui envoyât le sermon original de M. de Fénelon, qu'il savait avoir été déjà signé & certifié par plusieurs de ses confrères, ou au moins une copie de son manuscrit conforme à l'original, ce que pourtant il ne put obtenir (*).
(+) Le 4 mai il écrivit à la communauté du Séminaire, pour lui faire cette demande (1). Toutefois, jugeant bien que les motifs du refus déjà fait par le Séminaire, de répondre à ses queftions sur le méme discours, l'empécheraient de livrer le discours lui-méme, il en tit faire Ja demande par M. de Bernière, qui, étant grand-vicaire, tenait la place de l'Évéque absent, & était, par les canons & les lois civiles, le juge naturel du Clergé du Canada. M. de Bernière, sans accéder aux désirs de M. de Frontenac, qui n’avait pas droit de lui donner des ordres en cette matière, ni sans vouloir non plus le choquer, écrivit aux messieurs du Séminaire, le lendemain 5 de mai; mais en se contentant d’exprimer dans sa lettre la demande que leur faisait M. de Frontenac d’avoir une copie du sermon. Ces messieurs n’en avaient en leur possession aucun exemplaire; ils s’assemblèrent le 12 & écrivirent à M. de Fénelon, pour lui demander son manuscrit, afin, disaient-ils, de satisfaire M. de Bernière. M. de Fénelon, informé des intentions de M. de Bernière & de celles de ses confrères, refusa de le livrer & répondit par écrit qu’il n’était pas obligé de communiquer le manuscrit d’un sermon préché en présence de toute la paroisse, & qu'on pouvait interroger ses auditeurs; ajoutant que s’il était innocent, on n’avait rien à lui demander, & que s’il était coupable, ce qu’il niait fortement, on n’avaic pas droit de l’obliger de travailler lui-même à sa propre condamnation (2). [ parait qu'en agissant ainsi de concert avec M. de Fénelon, M. de Berñière & le Séminaire de Villemarie voulurent colorer le refus, qu'en conscicace, ils étaient obligés de faire à M. de Frontenac. [ls n'auraient pu, sans enfreindre les canons, fournir à ce magiftrat laïque des pièces contre un Ecclésiaftique, accusé en matière criminelle, telle que la rébellion, avant que son supérieur l’eût jugé lui-même; & M. de Fénelon de son côté ne pouvait non plus livrer son sermon, pour inftruire une telle cause. Cette réponse du Séminaire & celle de M. de Fénelon, quoique fondées sur des motifs si légitimes, offensèrent cependant M. de Frontenac; il se plaignit que M. Dollier & sa communauté eussent fait demander çe sermon seulement par grimace (3).
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