‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 365 sur 392 · M. DE FÉNELON PRISONNIER A QUÉBEC · texte numérisé non relu

M. DE FÉNELON PRISONNIER A QUÉBEC

ayant pas permis de faire alors ses proteflations, il les faisait dans ce moment, en déclarant qu'il ne pouvait ni ne devait répondre au Conseil, jusqu'à ce qu'il eût été jugé par son Évêque, & que l'Évêque l'y eût renvoyé, si le cas le demandait. « Je déclare donc, ajouta-t-il, que je recon- « nais pour mon juge en cette affaire non le Conseil, mais « mon Évêque, & que tout ce que le Conseil a fait ou « pourra faire eft nul, jusqu'à ce qu'il soit mon juge. « Alors je répondrai dans l'attitude qu'il demande, si j'en « dois prendre une autre que celle que j'ai gardée; & alors « aussi je dirai les raisons pour lesquelles j'ai allégué que « M. de Frontenac eft ma partie adverse. »

Il paraît que pour protefter de toute manière, M. de Fénelon, quoique condamné à demeurer dans la maison de la Brasserie, n'avait pas gardé son arrêt; ce qui fut cause que le 23 août, le Conseil ordonna à l'huissier commis à sa garde de refter sans cesse auprès de lui, & défendit à M. de Fénclon de sortir de sa prison, jusqu'à ce qu'il en eût été ordonné autrement, ne lui permettant de la quitter que pour aller célébrer la Sainte Messe, seulement les jours de dimanches & de fêtes, en telle église qu'il lui plairait. Toutes ces ordonnances sont signées par M. de Frontenac seul. Quoique M. de Fénelon persiftât toujours dans ses proteftations, néanmoins au bout de huit jours, le Conseil déclara qu'il était libre de sortir de la Brasserie & défendit en r. "+ temps à M. de Bernière de s'ingérer dans cette aflk re & dans d'autres semblables causes qui pourraient survenir. Si ce grand vicaire eût voulu pousser les choses à la rigueur, en usant toutefois de moyens légitimes, il aurait pu, à l’occasion de l'emprisonnement de M. de Fénelon, mettre la ville de Québec en interdit, comme l'avaient ordonné divers Conciles (*), mais pour le bien de la paix, l'au-

(* Les Conciles de Compiègne en r3or,de Paris en 1346 & 1429,

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