‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 367 sur 392 · M. DE FRONTENAC ET M, REMY · texte numérisé non relu

M. DE FRONTENAC ET M, REMY

dique pour faire condamner par ce moyen M. de Fénclon. Quoiqu'il eût promis à M. Remy, ainsi qu'à tous ses confrères, de ne point produire en juftice la déclaration sous seing privé qu'il avait obtenue d'eux à cette condition expresse, il le fit cependant citer devant le Conseil, Son intention était de le confronter avec M. de Fénelon, & par là de rendre sa déclaration juridique, s'imaginant sans doute que la promesse du contraire qu'il lui avait donnée par écrit. ne pouvait pas lier le Conseil, Selon la coutume des Ecclésiaftiques de sa communauté, M. Remy avait pris son logement au Séminaire de Québec, & ce fut là qu'il reçut ordre, le 4 octobre, de comparaître à l'inftant même à la chambre du greffe. 11 s'y refusa absolument, alléguant, dans un écrit qu'il adressa au Conseil, les canons de l'Église, qui lui défendaient de témoigner dans la matière présente (1); &, deux jours après, la barque qu'il frétait pour Villemarie devant lever l'ancre le lendemain matin, il alla sur le soir prendre congé de M. de Frontenac.

Celui-ci, qui espérait toujours tirer de lui quelque aveu, lui dit de ne pas partir que son affaire au Conseil ne fût terminée, ajoutant que les conseillers l'avaient prié de le retenir. Et comme M. Remy lui représentait qu'il ne pouvait en aucune sorte comparaître à l'audience, M. de Frontenac lui repartit qu'on trouverait bien le moyen de l'obliger à déposer sur l'affaire de M. de Fénelon; que s'il refusait de paraître au Conseil, on le condamnerait pour la première fois à une amende, puis à une deuxième, à une troisième, & qu'on continuerait ainsi jusqu'à ce qu'il eût comparu & déposé. M. Remy, l’entendant parler de la sorte, résolut, pour ne pas lui désobéir, de refter à Québec, & de faire partir ses hommes avec la barque ; mais, comme on craignait qu'il ne partit aussi lui-même, on donna ordre sur-le-champ au maître de la barque de partir secrètement, dès le soir même, à l'insu de M. Remy, & de le laisser ainsi à Québec, avec cinq des hommes qu'il avait amenés de Villemarie pour ce voyage. Fort étonné le len-

(1) Archives de la marine, 4 o€t, 1674,

M, DE FRONTENAC REe TIENT M, REMY A QUÉBEC, MAIS INUTI- LEMENT,

(1) Archives de la marine. Arrêts du 8, u, 10 octobre,

(2) 1bid. Arrêt du 15 oétobre 1674.

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