‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 76 sur 392 · DANGER DES HOSPIT\- LIÈRES DE LA PART DE LEURS MALADES · texte numérisé non relu

DANGER DES HOSPIT\- LIÈRES DE LA PART DE LEURS MALADES

IROQU'OIS,

hs

Eee

nm,

= __— mp VS

se Ge RE rm, at rh

EE er eg em

« Mais celui-ci, adroit & rusé, comme s'il n'eût fait que « rire des coups qu'on lui donnait, repartit qu'il avait « voulu seulement faire peur à la Sœur de Brésoles; que “ son intention n'était pas assurément & ne pouvait pas « être de rendre le mal pour le bien à celle qui lui donnait « des médecines, qui pansait ses plaies pour les guérir, «qui faisait son lit afin qu'il dormit à son aise, qui lui don- « nait tous les jours de la bonne sagamité, & de qui enfin « il recevait tant de bons offices. » C'était le propre de ces barbares d'avoir recours à de pareils moyens de défense quand ils étaient surpris dans leurs mauvais des-

(1) Annalesde l'Hô- seins, & on fit semblant de le croire pour ne pas irriter son | tel-Dieu Saint-Joseph, essuie [11 par la Sœur Morin. esprit (1).

IROQUOIS ak \ Lorsque ces Iroquois étaient près de mourir, on LEXTRÉMITÉ DE IA s'eflorcait, comme il a été dit, de les disposer au bapja tême, & on le conféra à plusieurs avant leur dernier soupir, dans l'espérance que la miséricorde de Dieu suppléerait aux dispositions qu'on demande ordinairement dans les adultes, & dont on n'était pas toujours assuré dans les cas de mort dont nous parlons. Il eft vrai que quelquesuns de ces barbares donnaient des signes assez manifeftes de piété pour faire espérer légitimement de leur salut. Entre autres, nous pouvons citer l'exemple d'un Sonnontouan, pris en guerre au printemps de 1664. Étant tombé dangereusement malade, il exerça beaucoup la charité des Sœurs hospitalières, qui lui prodiguèrent les plus charitables soins. C'était un homme d'une humeur altière, très irrité de l’affront qu'il pensait avoir reçu, de ce qu'on l'avait fait prisonnier lorsqu'il venait en ambassade; en un mot, un Iroquois qui ne payait que par des dédains toutes les bontés qu'on avait pour lui. Son chagrin augmentait avec son mal, & la douleur, jointe à la crainte de mourir, le rendait presque insupportable. Lorsque le Missionnaire qui était alors à Villemarie, le P. Claude Allouez, lui parlait, il se mettait en colère, le sifflait & quelquefois se cachait sous la couverture pour ne pas l'entendre; il en

vint même jusqu'à lui donner un coup de poing à la tête pour le repousser. Cependant, par les prières ferventes que ce Père & les Religieuses firent pour lui, il s'adoucit & consentit à entendre parler de la religion, à l'occasion d'un autre ffoquois Onnôftagué, arrivé peu de jours auparavant à Villermarie. Celui-ci, voyant les dispositions du malade, l'assura que la prière ne faisait pas mourir, que quelquefois elle servait méme pour rendre la santé, & le persuada si parfaitement, que l'autre, de son propre mouvement, demanda le baptème, qui lui fut administré le

5 du mois d'août 1664 (1). Il vécut encore quelques jours

présentes à sa mort (2).

Mais il n'en était pas de même de tous. La Sœur Bourgeoys raconte un événement effrayant, qui fit douter du salut de trois de ces barbares, ainsi baptisés en danger de mort, à la suite des blessures qu'ils avaient reçues. Comme par ce sacrement ils étaient devenus enfants de l'Église, on les inhuma en terre sainte, au cimetière commun, & M. Souart les recommanda aux prières des habitants. Il arriva cependant, au grand étonnement de tous, que, pendant la nuit, des chiens, étant entrés dans le cimetière, se mirent à gratter la terre, jusqu'à découvrir leurs cadavres, & commencèrent à les dévorer. Dès qu'on fut informé de cet événement, on recouvrit aussitôt la fosse & on la chargea de bois pour empêcher les chiens d'y revenir. Is y arrivèrent néanmoins, écartèrent tout ce bois, creusèrent de nouveau la terre pour achever de manger les cadavres. Enfin on la recouvrit de grosses pierres; mais les chiens revinrent pour la troisième fois & découvrirent de nouveau les corps. Cela, ajoute la Sœur Bourgeoys, donna de la terreur à tout le monde & faisait penser que c'était un châtiment de Dieu. Nous ajouterons que ce jugement semble avoir été bien fondé, car quoique ces chiens discernassent à l’odorat les sauvages, & peut-être en particulier les Jroquois, on ne voit pas qu'ils se soient jamais

1) Regiftre

mors

tuaire de Villemarie,

& remplit de consolation toutes les personnes qui furent Fe Le | 2) Relation de 1664,

Page 1