‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 120 sur 428 · MANDER A MONTREAL · texte numérisé non relu

MANDER A MONTREAL

M. DES MussEAux ET Lallemaut, Jésuite, avait cédé si aisément l'île de Montréal NON M. d'ailleboust. ^ j^ Compagule de ce nom (3) ; cession que les Cent-Asso-

(Sî Hiftoire del'Hô- • ^ ^ -^ • <. - j n - i . i

tel-Dieu de Québec '"^'^^ ^ étaient cmpresscs de confirmer, a leur tour, alors p. ?4. qu'il n'y avait aucune apparence de pouvoir y former un

établissement. Néanmoins, le succès inespéré de l'œuvre de Villemarie, & le désintéressement de ceux qui en étaient les promoteurs, avaient indisposé contre eux, comme on l'a déjà dit, plusieurs des membres de la Grande Compagnie ; & peut-être que M. Jean de Lauson, par un effet naturel de la faiblesse humaine, n'était pas entièrement exempt de ces préventions. C'était vraisemblablement ce qui avait déterminé M. de Maisonneuve, avant son départ, à nommer Gouverneur de 'Villemarie, pendant son absence, M. des Musseaux, & non M. d'Aillebouft lui-même. Ce dernier, qui avait occupé déjà la place de Gouverneur de Montréal, était sans doute plus capable que personne de remplacer M. de Maisonneuve; mais, comme M. de Lauson se proposait de suivre, dans son adminis-

TRE PEU EIENVEIL- NT POUR VILLEMA-

M. DE LAUSON, GOUVERNEUR GÉNÉRAL. l65l. l35

tration, un sylième différent de celui qu"avait adopte M. d'Aillehouft , lorsqu'il était Gouverneur général, le conta<5t qu'ils auraient eu ensemble eût pu être désagréable à l'un 8^ à l'autre, & donner même lieu à des conflits pénibles, que M. de Maisonneuve voulut sans doute prévenir, en nommant, comme il fit cette fois, M. des Musseaux.

xxvm

Quoi qu'il en soit, il eft certain, comme nous l'apprend «■ de lauson se mon M. DoUier de Casson, qu'à son arrivée à Québec, le nou veau Gouverneur traita peu favorablement Villemarie. Il rie, retrancha mille li-\Tes d'appointements, que la Compagnie générale donnait à M. de Maisonneuve, tant pour luimême que pour sa garnison, & le réduisit à trois mille livres ; & cependant il fit augmenter de deux mille livres ses propres appointements, sans autre charge que d'accroître sa garnison de trois soldats ; 8c, enfin, on éleva les appointements du Gouverneur des Trois-Rivières, allié de M. de Lauson, à cinq mille deux cent cinquante livres. A Québec, le Conseil attribuait des pensions aux Jésuites^ aux Ursulines^ aux Hospitalières, à la fabrique de la paroisse, au chirurgien, au boulanger & à beaucoup d'autres, & il n'y avait, pour 'Villemarie, que trois mille livres, destinées au Gouverneur & à sa garnison, & quatre cents livres pour le garde-magasin de la Compagnie des habitants. Enfin, en i652, M. de Lauson, comme nous le verrons dans la suite, supprima le camp volant, qui, sous M. d''Ailleboufl:, avait été d'un si puissant secours pour "Villemarie (i\ « Je ne dirai rien touchant cette conduite, (r) Emplois du vi- « remarque M. DoUier, d'autant que je veux croire qu'il '""°"'"^ .'^''^y§!"f"." '

. "^ . . . . manuscritdela biblio-

« a toujours eu de bonnes intentions, quoiqu'elles lui aient thèque du Louvre, in- « été moins avantageuses que s'il avait plus soutenu ce *°'- "" ''-' '°'- -*^- « pofte avancé de Villemarie (2). n M. de Lauson avait >;Hiftoire du Montpromis, malgré lui, à M. de Maisonneuve, avant que l^^^' ■6--'i-i6o2 His-

^ . , ^ ' ' T- toire du Canada par

celui-ci s'embarquât pour la France, d'envoyer dix soldats m. de Beimont. de renfort à 'Villemarie. 11 ne les fit partir qu'au mois de décembre, & si mal vêtus qu'ils pensèrent être gelés dans

l36 II'' PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL

leur chaloLipe (*). — « On les eût pris, dit M. Dollier, pour des squelettes vivants, & chacun fut fort étonné de les voir arriver en cet équipage durant Thiver : car ils abordèrent ainsi le lo du mois de décembre. Au refte, ils étaient tous d'une assez faible conflitution, & même deux étaient encore des enfants, Fun nommé Saint-Ange & Fautre Lachapelle. Ils ne furent pas plutôt arrivés qu'on s'empressa de les réchauffer, de leur donner des habits convenables & de leur faire la meilleure chère que Ton pût, dans Tespérance de s'en servir ensuite pour repousser les barbares, que nous avions tous les jours sur les bras (i). »

Quantité de troupes diroquois paraissaient, en effet.

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