HOSTILITÉS DES IBO
QUOIS CONTRE LES • ,, , ..t-ii • o T " 1~> ' '■
c.„„,.,.c .,,„î= PT continuellement a Villemane & aux 1 rois-Rivieres, mais
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CONTRE LES FRANÇAIS sans pouvolr faire aucun coup; ils se dédommagèrent pourtant en tombant sur diverses bandes de sauvages Algonquins ou Hurons. Le 6 mars i652, s'étant cachés en embuscade à la rivière de la Madeleine, six lieues au-dessus des Trois-Rivières, ils attaquèrent tout à coup une troupe de Hurons, qu'ils défirent entièrement, & le lo de mai massacrèrent le P. Jacques Butteux, ainsi qu'un Français qui l'accompagnait, nommé Fontarabie. Trois jours après, des Algonquins passant par le lieu où. ce Religieux avait été massacré, furent surpris & défaits, & un jeune homme, qui avait tué un Iroquois dans cette ren-
(i) Hilloire du Canada, par M. de Belmont,
(') M. Dollier de Casson, exercé d'abord à la profession militaire, & dont les façons de parler & d'écrire se ressentent quelquefois de son premier état, dit ici : « Qu'en envoyant ces soldats à Villemarie, « M. de Lauson y nwah fait passer par avance leurs armes. » Il parle ainsi par antiphrase. Dans sa manière, parfois facétieuse & enjouée, il veut dire que M. de Lauson ne fournit aucune sorte d'armes à ces dix soldats, attendu que des soldats ne marchent pas sans armes, surtout au milieu d'un pavs ennemi. C'elf, au refte, ce que dit nettement M. de Belmont dans son hiftoire du Canada : « M. de Lauson « envoya, malgré lui, dix soldats sans armes & sans vivres (2). »
2'" GUERRE. HOSTILITÉS. 1 63 1 . iJy
contre, fut brûlé au même lieu & souffrit d'horribles tourments. Le i6, les Algonquins des Trois-Rivières ayant appris cette défaite de leurs alliés, 8c étant partis pour attendre les Iroquois au passage, tombèrent dans un piège semblable à celui qu"ils voulaient leur tendre. Car une autre bande d'Iroquois, cachés au lac Saint-Pierre, où les Algonquins allaient dresser leur embuscade, les surprit eux-mêmes & les tailla en pièces pour la plupart. Le 21 de mai, un soldat & un sauvage, qui traversaient le fleuve en canot, furent attaqués devant le Fort des Trois-Rivières & blessés l'un & l'autre ; le sauvage mourut de ses blessures deux jours après (l> ^ (OReIationde:65.,
Dans les environs de Villemarie , nos sauvages n'é- hostilités a villemataient pas plus en sûreté. Le i5 novembre i65i, les Iro- rie <;ontre les sau-
■T i . . ' VAGES ALLIES ET CON-
quois y prirent un Huron (2), &, le i5 mai suivant, une tre les colons. femme Huronne avec ses deux enfants, pendant qu'elle (2) Journal des Jécultivait du blé d'Inde. Le lendemain de ce jour, il arriva *""^''' à Villemarie un Huron échappé des mains des Iroquois ; il rapporta que son capitaine avait été brûlé, mais qu'on avait donné la vie à ceux qui reliaient de sa bande, afin de grossir d'autant les troupes Iroquoises (3). Les colons (3)Reiationd;i652 de Villemarie s'étant retirés dans le Fort, ou à l'hôpital, '■' ' changé en redoute, la Commune n'était plus protégée par les maisons reftées sans habitants : ce qui fut cause, sans doute, que le 26 mai, le vacher, s'étant approché du coteau Saint-Louis, fut tué par les Iroquois, pendant qu'il gardait le bétail (4). C'était Antoine Roos, recommandable U) Journal des .lépour sa piété & qui, sept jours auparavant, s'était appro-
suites, 26 mai i652.
ché de la Sainte-Table (5). Vers le même temps, M. de (5)Regiihedeiapa- Lauson, étant monté à Villemarie, tint sur les Fonts bap- ^"^^^^ ^'^ viiiemarie.
' . 1 • 11 Sépultures. 2t> mai
tismaux, le 2 juin, conjointement avec mademoiselle ,652. Mance, le fils d'une Algonquine qui, ayant échappé aux Iroquois avec une autre femme de la même nation, avait mis cet enfant au monde dans sa fuite ; elles avaient été vingt-cinq jours en chemin. L'enfant fut baptisé le jour même de leur arrivée, dix jours après sa naissance, & reçut
l3S 11'^ PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL. (i)Regiftredesbap- •-•i-j -ojr
ternes, fs mai & 2 le nom de Jcaii, qui était celui du parrain èc de la mar-
juin 1 65-2. Journal des raine (l).
Jésuites, 2 juin 16:2.
MADEMOISELLE MANCE Le moîs suivant, mademoiselle Mance, désireuse de
DESCEND A QuÉDEc gavolr des Houvelles dc M . dc Maisouiieuve, doiit OU atteu-
POUR Y APPRENDRE .... , , -.t-,, • •. i , 1
DES NOUVELLES DE dait impatiemmcnt le retour a ViUemane, prit la resolu- M. DE MAisoNNEuvE. tlou de desceudre à Québec, 8c pria M. Closse de l'escorter jusqu'aux Trois-Rivières, où il y avait plus de danger de tomber dans quelque embuscade dlroquois qu'au-dessous de ce porte. M. Closse ne désirait pas avec moins d"ardeur le retour du Gouverneur; il consentit volontiers à la conduire ; mais étant arrivés aux Trois-Rivières, & attendant durant quelques jours une commodité favorable pour Québec, ils apprirent, par quelques sauvages partis après eux de Villemarie, que les Iroquois s'y montraient plus terribles qu'ils ne l'avaient été jusqu'alors, & que, depuis leur départ, les colons étaient si épouvantés, qu'ils ne savaient que devenir. A peine M. Closse a-t-il appris ces détails qu'il remonte au plus vite à Villemarie, où il arrive heureusement, & ranime le courage des colons par sa présence. De son côté, mademoiselle Mance, sans être effrayée par des nouvelles si alarmantes, s'embarque avec M. Du Plessis-Kerbodot, Goviverneur des Trois-Rivières, qui se rendait à Québec. Y étant arrivée, au lieu de trouver M. de Maisonneuve comme elle l'avait espéré, elle reçut de lui une lettre, par laquelle il annonçait qu'il comptait re^'enir, l'année suivante, avec plus de cent hommes. Cette lettre la consola beaucoup, parce qu'elle sembla lui promettre le retour de M. de Maisonneuve à Villemarie, ce qui auparavant était fort incertain. Dès qu'elle eut terminé quelques affaires à Québec, elle retourna promptement, pour faire part aux colons d'une si heureuse nouvelle, bien propre à soutenir leur courage durant cette fâcheuse année qui leur reffait encore à passer, avant le retour de leur Gouverneur.
A PARIS, M. DE MAISON. Daus Cette même lettre, M. de Maisonneuve lui ap-
2'' GUERRE. M. DE MAISONNEUVE A PARIS. l652. I Sq
prenait qu'il avait vu adroitement la Fondatrice de THôpital^ sans pourtant trahir le secret. Comme, dans son séjour à Paris, il cherchait quelque occasion de la voir, pour s'assurer par lui-même de son consentement sur remploi des vingt-deux mille livres dont on a parlé, la Providence lui en offrit une toute naturelle. « Ayant « appris que Tune de mes sœurs, rapporte M. de Maison- « neuve, était en procès avec madame de BuUion, je « m'offris de lui donner la main pour aller chez elle ; &, « sachant que cette dame n'ignorait pas mon nom, à cause « du Gouvernement de Montréal, je me fis nommer en « entrant, afin que mon nom lui renouvelât le souvenir « du Canada. Dieu donna sa bénédidion à ma ruse; car, « après que je l'eus saluée, & que ma sœur lui eut parlé « de ses affaires, elle s'enquit de moi, si j'étais le Gouver- (( neur de Montréal, qu'on disait être dans la Nouvellei( France. Je lui répondis que c'était moi-même, & que « j'en étais revenu depuis peu. — Apprenez-nous, me dit- « elle, des nouvelles de ce pays-là : quelles sont les per- (( sonnes qui y demeurent, ce qu'on y fait, comment on « y vit. Dites-le-nous, s'il vous plaît : je suis curieuse <( de savoir tout ce qui se passe dans les pays étran- « gers.
(I — Madame, lui dis-je, je suis venu chercher du secours « pour tâcher de délivrer ce pays des dernières calamités <i où les guerres des Iroquois l'ont réduit, & de tenter si « je pourrai trouver le moyen de prévenir sa ruine. L'a- « veuglement eft extrême parmi les sauvages ; néanmoins « on ne laisse pas d'en gagner toujours quelques-uns à « Dieu. Ce pays eft grand ; le Montréal elf une île fort « avancée dans les terres, très-propre pour en être la « frontière ; & ce nous sera une extrémité bien fâcheuse « s'il fa vit abandonner ces contrées, sans qu'il y refte per- « sonne pour annoncer les louanges de Celui qui en eft le « créateur. Au refte, cette terre eft un lieu de bénédidion « pour ceux qui vont l'habiter; la solitude, jointe au péril « de la mort où la suerre nous met à tout moment, tait