DEUX MILLE LIVRES POUR SECOURIR MONT- RÉAL
142 n'" PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.
informée, après ces entretiens, du trille état de Villemarie, elle donna en outre vingt mille livres, pour que cette somme servît à lever un pkis grand nombre de soldats. On eut lieu dadmirer encore ici les saintes induftries de son humilité à fuir le regard des hommes. Pour pratiquer à la lettre le précepte de Notre Seigneur : u Que, dans vos « aumônes, votre viain gauche ignore ce que fait votre (i) Évangile selon « maïVz (fro/7e (i)^ » elle voulut que les Associés ne pussent saintMatthieu, ch. VI, savoir de qui venait ce don, 6v remit les vingt mille livres
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à M. le Président de Lamoignon, en lui disant qu'une personne de qualité faisait ce présent à messieurs de la Compagnie de Montréal, afin de les aider à lever des hommes, pour secourir cette île, sous la conciuite de M. de Maisonneuve. Enfin, elle fit tout ce qu'elle put pour que M. de Lamoignon lui-même demeurât persuadé que ces fonds venaient d'une autre main que la sienne, quoiqvie pourtant, malgré les précaLitions qu'elle prit, elle ne pût empêcher (2) DoUier de Cas- qu'on ne sût que c'était elle-même qui faisait ce don (2). son, i632-i03.^. Ainsi, comme mademoiselle Mance l'avait assuré à M. de Maisonneuve, madame de BuUion donna beaucoup plus que la somme de vingt-deux mille livres ; elle en fournit elle seule quarante-deux mille pour cette nouvelle recrue, qui se composa d'environ cent quinze hommes & coûta en tout soixante-quinze mille hvres à la Compagnie, comme nous le dirons après que nous aurons exposé la suite des événements qui eurent lieu en Canada avant le retour de M. de Maisonneuve.
2'^ GUERRE. HOSTILITÉS A VILLEMARIE. l65l