CHAPITRE IX
SUITE DE LA GUERRE; PAIX AVEC LES ONNEIOUTS, & SUSPEN- SION d'armes avec LES AGNIERS. M. DE MAISONNEUVE ARRIVE DE FRANCE AVEC UNE RECRUE DE PLUS DE CENT HOMMES. DE l652 A l653.
Avant le retour de M. de Maisonneuve en Canada, qui n'eut lieu que seize mois après le voyage de mademoiselle Mance à Québec, il y eut bien du sang répandu à Villemarie. M. Closse, à son arrivée des Trois-Rivières, où nous avons dit qu'il était allé accompagner mademoiselle Mance, apprit un trait de cruauté, arrivé récemment, bien propre à glacer d'effroi tous les cœurs. Le 2g juillet de cette année i652, une très-vertueuse mère de famille, Martine Messier, femme d'Antoine Primot, fut attaquée par trois Iroquois, qui s'étaient glissés dans les blés pour tomber sur elle à Timprovifte & la massacrer (i). Ces barbares, éloignés seulement de deux portées de fusil du Fort, l'ayant assaillie tout à coup, elle pousse à l'inftant un grand cri; &, à ce cri, trois bandes d'Iroquois, cachés en embiiscade, se lèvent & paraissent en armes. Mais les trois assassins se croyant assez forts pour massacrer une femme sans défense, se jettent incontinent sur elle, s'efforçant de la tuer à coups de hache; tandis que, de son côté, elle se défend comme une lionne, bien qu'elle n'eût pour les repousser que ses pieds & ses mains. Après trois ou quatre coups de hache, elle tombe cependant par terre, 8: alors un de ces Iroquois, la croyant morte, se jette sur elle pour lui enlever sa chevelure & s'enfuir avec cette
ARTINIi MESSICR, FRAP- PÉE A COUPS DE HA- CHE PAR TROIS IRO- QUOIS, SE DÉLIVRE DE
. (1) Journal des Jésuites, 10 août i652.