‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 134 sur 428 · DE VILLEMARIE · texte numérisé non relu

DE VILLEMARIE

(i)Hi(ioireduMont- dsi^t ^u'il en avait chargé, de ne pas approcher du Fort, réa),de i652 à i65?. s'il n'y voyait des preuves certaines qu'il y eût encore des Français; ajoutant que, s'il n'en voyait aucune, il s'en revînt à Québec, dans la crainte que les Iroquois, ayant pris ViUemarie, ne s'y tinssent en embuscade pour les y attendre. Cet ordre fut exécuté à la lettre. La barque s'avança proche du Fort; mais, comme de là on ne pouvait la diltinguer nettement, à cause d'un brouillard épais, on ne fit aucun signe. Les colons, apercevant cependant quelque chose , sans savoir au julle que c'était une barque, se mirent à contefter entre eux sur ce que ce pouvait être , les uns assurant qu'il y avait là une barque, & les autres soutenant le contraire. Enfin les hommes de la barque, qui d'abord avaient jeté l'ancre, lassés d'attendre qu'on leur fit quelque signal, &. fermement persuadés qu'il n'y avait plus personne au Fort, se décidèrent à s'en retourner 6c descendirent ainsi à Québec, où ils annoncèrent, en eflfet, qu'il ne reftait plus de Français à ViUemarie. Peu après leur départ, le brouillard se dissipa & le temps redevint serein. Alors ceux du Fort, qui avaient soutenu qu'il n'y avait point eu de barque , crurent trouver dans le changement de temps survenu une preuve victorieuse de leur sentiment; 8; les autres, de leur côté, affirmant toujours que ce qu'ils avaient vu présentait certainement l'apparence d'une barque, chacun demeura ainsi dans son opinion, jusqu'à ce qu'enfin les premières nouvelles arrivées de Québec apprirent à ceux de ViUemarie que réellement ï\ y était monté une barque. Cette particularité, quelque légère qu'elle puisse paraître, montre l'idée qLT'on s'était formé, à ^ Québec, des dangers imminents que couraient les colons

de ViUemarie, toujours exposés à être taillés en pièces par les Iroquois. Aussi, toutes les fois qu'on y abordait, était-on dans de grandes appréhensions que la colonie neùt été exterminée ; ce qui était cause qu'on ne s'en ap-

(i) Hilloire duMont

REALISTES A LA TRES - SAINTE VIERjE, LEUR

2*" GUERRE. VILLEMARIE EN DANGER. 165!:^. iSy

prochait qu avec beaucoup de circonspedion, par la crainte de n'y rencontrer que des ennemis au lieu des compatriotes qu on allait y voir. Ordinairement on était obligé d'envoyer des hommes aux barques que Ton apercevait, pour rassurer ceux qui y étaient, en leur donnant avis de l'état du porte. La prudence ne permettait guère d'en user autrement ; &, sans cette précaution, les barques s'en fussent allées, aussi bien que celle dont nous venons de parler, pour ne pas tomber dans quelque embuscade (l). réal, de lûiz à i653.

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