XV
Au milieu de tant de dangers, on ne put méconnaître recours des mont l'assiftance de Dieu sur cette petite colonie, & l'efficacité de la confiance des colons au secours de Marie, leur patronne puissante patronne. Les Iroquois, cherchant sans cesse à s'emparer de ce potte, faisaient continuellement des courses dans l'île, dressaient à toute heure des embuscades, & tenaient les colons si étroitement assiégés, que ceux-ci n'auraient pu s'écarter tant soit peu sans un danger évident de perdre la vie; ce qui, dans ces circonftances, arriva malhevireusement à l'un d'eux, qui, pour n'avoir pas suivi les ordres qu'on lui avait donnés, tomba dans les mains de ces barbares. L,es deux PP. Jésuites qui résidaient alors à Villemarie, voyant les colons dans des extrémités si pressantes, les portèrent à recourir à la trèssainte Vierge, par de nouvelles pratiques de dévotion. On fit des jeûnes & des aumônes à cette intention, on inftitua l'Oraison des Quarante-Heures, on otfrit plusieurs Communions, enfin on fit le vœu solennel de célébrer publiquement la Présentation de Marie au Temple, que M. Olier venait de donner comme fête patronale aux prêtres de sa Compagnie. La fin de ce vœu était d'obtenir, par l'entremise de cette puissante protectrice, ou que Dieu arrêtât la fureur de ces barbares, ou qu'il les exterminât, s'il prévoyait qu'ils ne voulussent pas se rendre à la raison, ni se convertir à la foi chrétienne. « Chose bien remar- « quable, dit à ce sujet le P. le Mercier, depuis ce temps,