‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 136 sur 428 · TAE DEMANDENT LA PAIX A VII.LEMARIE · texte numérisé non relu

TAE DEMANDENT LA PAIX A VII.LEMARIE

i:i8 1I*= PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTREAL.

« non-seulement les Iroquois n'ont eu sur nous aucun

« avantage, mais ils ont perdu beaucoup de monde dans

M leurs attaques, & à la fin Dieu les a touchés si fortement

(i) Relations eu:). ^ ^^ qu"ils sont vcuus uous demander la paix (i). »

XVf.

LES IROQUOIS d'onnon- Eu effet, Ic 20 juln i653, soixante Iroquois de la

nation d'Onnontaé parurent à la vue du Fort de Villemarie, criant qu'ils étaient envoyés de toute leur nation, pour savoir si les Français auraient le cœur disposé à la paix, & demandant de loin, pour quelques-uns d'entre eux, un sauf-conduit. Quoique ces barbares eussent trahi les Français autant de fois qu'ils avaient traité avec eux & ne méritassent aucune confiance dans leurs promesses; & quoique d'ailleurs les colons de 'Villemarie eussent eu d'abord la pensée de faire main basse sur ces perfides, toutefois, quand ils les virent s'avancer sans armes 6c sans défense, cette franchise amollit leurs cœurs & leur fit croire que Dieu avait exaucé leurs prières pour la paix. Sur la parole qu'on leur donna, ces barbares s'avancèrent donc vers le Fort ; &, y étant entrés, exposèrent les pensées & les désirs de leur nation. Dès ce moment on ne parla plus que de paix & de bienveillance, & on agit de part & d'autre comme si jamais on ne s'était fait la guerre, & qu'on fût dans la disposition de ne jamais la rallumer. Toutefois, par prudence, les hommes de Villemarie étaient durant ce temps sous les armes & tout prêts à combattre, quoique les Iroquois fussent au milieu d'eux sans verges ni bâtons, se contentant, pour toute défense, de la parole qu'on leur avait donnée. On les traita avec affe6Hon ; on reçut les présents qu'ils offrirent pour cimenter la paix, & on y répondit par d'autres présents. Enfin, après une réjouissance publique, commune aux colons & aux Iroquois, ces derniers retournèrent dans leur pays, ravis de joie d'avoir trouvé des esprits & des cœurs si bien disposés à la paix. A leur retour, passant par le bourg d'Onneiout, ils déployèrent devant les habitants de cette bourgade les présents qu'on venait de leur faire, donnant mille marques

NEIOUT DEMANDENT LA PAIX A VILLEHA- RIE.

IROQLOIS QUI DEMANDENT LA PAIX. l653. 1 5g

d'eftime aux Français de Villemarie. « Ce sont, disaient- « ils, des démons quand on les attaque, mais les plus (I doux, les plus courtois & les plus affables qui soient au « monde quand on les traite en amis; » et ils proteftèrent qu'ils allaient contracter avec eux une alliance étroite 8.: solide.

Touchés de ces discours, les Iroquois d'Onneiout les iroquois d'on veulent entrer eux-mêmes dans cette alliance & envoient une ambassade à Villemarie, avec un grand collier de porcelaine, pour témoigner que toute leur nation voulait contrafter aussi le même traité de paix ; &, afin de donner une marque certaine de la sincérité de leur parole, ces nouveaux ambassadeurs annoncèrent aux colons que six cents Iroquois Agniers étaient partis de leur pays, dans le dessein d'enlever le bourg des Français bâti aux Trois- Rivières, ce qui se trouva véritable. « 11 faut confesser, « dit à ce sujet le P. le Mercier, que Dieu, ce grand ouïe vrier, fait pour les hommes, en un jour, ce que les « hommes n'oseraient quasi espérer en trente ans. Les « Iroquois étaient remplis contre nous de fureur & de (I rage : on prie, on jeûne, on a recours à la sainte "Vierge « & à son cher époux saint Joseph, tant à Québec qu'aux « Trois-Rivières &: à Montréal, & ces barbares sont chan- « gés au moment même. » Les Iroquois qui avaient envoyé des députés à "Villemarie pour traiter de la paix étaient ceux d'Onnontaé & d'Onneiout; mais les trois autres nations Iroquoises, celles d'Agnié, de Sonnontouan & de GoyogSin, n'étaient point entrées dans cette alliance. Quoique liées entre elles par l'intérêt commun de leur nationalité, les cinq nations Iroquoises n'agissaient pas toujours de concert, à cause de leur indépendance naturelle, qu'ils regardaient comme un droit inaliénable pour chaque nation, & même pour chaque sauvage en particulier. Aussi, trois semaines seulement après la paix conclue avec ceux d'Onnontaé, les six cents guerriers d'Agnie, dont les Iroquois d'Onneiout avaient annoncé le départ.

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