PON'CET. ON LE RA- MENE A QUÉBEC
170 ll*^ PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.
lieu au mois de septembre i653. Le P. Poncet cependant n'était pas encore de retour, mais on avait Tespérance de le ^"oi^ arriver, sachant qu'il était encore en vie, quoique les Iroquois l'eussent fait cruellement souffrir.
TOURMENTS DU PERE En BTrivaut chez eux, il avait été accueilli par cinq ou
six cents de ces barbares, rangés en haie, qui lui avaient donné, par trois fois, la salve la plus rude & la plus brutale. Ils lui avaient ensuite arraché tous les ongles avec leurs dents, & coupé l'index de la main droite. Après qu'ils lui eurent enlevé pendant plusieurs jours des lanières de chair & de peau, ils brûlèrent cruellement en sa présence & sous ses yeux son compagnon d'infortune, ainsi qu'un autre Français, & le feu était déjà allumé pour le (i) Mémoires de M. brûler lui-mèiTie, lorsqu'on le détacha (i) & qu'on le donna
d'Allet. , . • -11 r 1 . J-
heureusement a une vieille lemme, en remplacement d un Iroquois qui avait été tué. Cette femme était la propre sœur du capitaine parti des Trois-Rivières pour rendre la hberté à ce Religieux, s'il vivait encore; & comme du retour du P. Poncet dépendait la reftitution des prisonniers, les Iroquois tinrent entre eux plusieurs Conseils. Durant ce temps, on conduisit ce Religieux au Fort d'Orange, occupé par les Hollandais, où le Gouverneur le reçut assez froidement. De là le P. Poncet alla loger chez un sauvage qui lui lit accueil, où il. fut pansé de ses plaies & partit enfin, conduit par quelques Iroquois, le 24 odobre. Après avoir failli périr au Saut Saint-Louis, il entra à Villemarie, habillé en Hollandais^ 6c de là arriva à Québec, le 5 du mois de novembre, portant sur son corps les marques des tourments cruels qu'il avait endurés (2)Rdationdei653, pour la foi (2). « Il uous a paru, par tout ce qu'il s'eft p. 10, 14 suiv. ^^ passé, écrivait la Mère de l'Incarnation, que Dieu s'eft « contenté de l'offre que ce bon Père lui a faite de mourir (( comme victime, afin de l'apaiser & de donner par sa (3) Lettre 5os 24 ^ niort la paix à tout le pays (3). »
sept. 1654, p. 5o8. -"^ r 7 \ /