PRESENTE LA SŒIÎR BOURGEOYS A MADE- MOISELLE MANCE
LA RECRUE A QUÉBEC. l653. I 83
ferveur pour Tinflruction & la sandification des jeunes personnes de Villemarie. Dès ce moment mademoiselle Mance lui donna sa plus entière confiance, la considérant comme une compagne & une sœur que Dieu lui associait, pour travailler de concert, quoique d'une manière différente, à la formation & à la sandification de la colonie. Ces deux saintes âmes n'eurent pas cependant alors la satisfaiffion de se communiquer leurs pensées & leurs vues aussi librement qu'elles l'auraient désiré. Mademoiselle Mance, retenue depuis longtemps à Québec, retourna promptement à 'Villemarie pour y annoncer enfin l'arrivée de M. de Maisonneuve & celle de la nouvelle recrue ; & la Sœur Bourgeoys refla à Québec, où sa présence était nécessaire au service journalier des soldats.
Elle devait y donner des soms à ceux qui n'étaient changement remarpas entièrement guéris de la maladie dont on a parlé, & «"-^ble dans plu-
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diitribuer aux autres les provisions de bouche^ comme de la recrue. l'avait fait, en 1641, mademoiselle Mance à l'égard delà première recrue. Dans cet exercice de charité, elle eut occasion de se convaincre par elle-même du changement mer\-eilleux que la grâce opérait sur la plupart de ceux qui se dévouaient à TœuATe de Villemarie, comme déjà le révérend P. Vimont l'avait fait remarquer dans sa relation de l'année 1643 (i). Quoiqu'on eût pris toutes les précau- (OCh. i, p. 2. tions désirables pour former cette dernière recrue d'hom- mes vertueux & intègres, la Sœur, ainsi qu'on l'a raconté, ne jugeait pas qu'ils fussent tous disposés à mourir saintement, lorsqu'en relâchant à Saint- Nazaire le navire avait été sur le point de faire naufrage. Mais, après la maladie, & surtout après qu'ils eurent mis le pied sur la terre de Canada, ils semblèrent être transformés en des hommes nouveaux. « Peu de temps après leur arrivée à « Québec, » dit la Sœur elle-même, dans l'énergique simplicité de son langage, « ces cent hommes étaient changés <i comme le linge qu'on a mis à la lessive. »