‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 151 sur 428 · LA RECRUE · texte numérisé non relu

LA RECRUE

OCCUPATION DE LA Ohligéc cic dcmeurer avec le plus grand nombre au

SOEUR BOURGEOYS A •Jnir ,i> -il ^ii

ctuÉBEc, EN ATTEN- magasio de Montréal, ou se trouvaient les denrées qu elle DANT LE DÉPART DE avaît à dlflnbuer chaque jour, elle ne laissa pas d'aller saluer les deux communautés établies à Québec, celle des Hospitalières & celle des Ursulines. Ces dernières, sachant que les Associés de Montréal avaient formé le dessein d'établir des Religieuses à Villemarie pour Tinflrudion des enfants, désiraient d'y envoyer quelques-unes d'entre elles, comme les Religieuses de la Congrégation de Troyes l'espéraient aussi pour elles-mêmes; & c'était l'un des motifs qui avaient retenu autrefois madame de la Pelteris à 'Villemarie, malgré les inftances qui lui étaient faites pour qu'elle retournât à Québec. « Le sujet qui la retient à « Montréal, écrivait, en 1642, la Mère de l'Incarnation, 1' eft: qu'elle y cherche le moyen d"y faire un second éta- « blissement de notre Ordre, au cas qu'elle rentre dans <' la jouissance de son bien; mais je n'y vois nulle appa- « rence, & le danger où elle eft de sa personne me touche plus que toutes les promesses qu'elle me fait (i). » De leur côté, les Ursulines seraient volontiers entrées dans les vues de madame de la Pelterie, pour avoir ainsi l'occasion d'exercer leur zèle à Villemarie, si elles y eussent eu une fondation qui pourvût à leur subsiftance. « Mais « on ne trouve rien de fait en ce pays, écrivait en 1654 la « même Religieuse, & l'on n'y peut rien faire qu'avec des « frais immenses (2). » Sachant donc que la Sœur Bourgeoys devait y aller pour inftruire les petites- filles, & ignorant alors que Dieu voulait se servir d'elle pour donner naissance à un nouvel Inftitut, ces Religieuses lui offrirent obligeamment de la recevoir dans le leur, comme déjà, de leur côté, plusieurs autres communautés l'avaient fait en France, afin de lui fournir par là plus de moyens d'utiliser son zèle apoftolique & ses rares talents. Son entrée dans la communauté des Ursulines eût rendu d'ailleurs plus facile l'établissement de celles-ci à Villemarie, la Sœur Bourgeoys ayant déjà été choisie pour y élever . la jeunesse. Mais, quelque honorable que fût cette propo-

fi) Lettre 26', 2g sept. 1642, p. 372.

(2)Ibid.,p.3z3.

LA RECRUE A QUÉBEC. l653. 1 85

sition, elle ne crut pas devoir l'accepter, comme étant incompatible avec le désir qu'elle avait d'aller immédiatement & de vivre à Villemarie, ainsi qu'elle-même nous l'apprend. « Mademoiselle Mance retourna à Montréal, « dit-elle, & je restai seule à Québec pour faire fournir « les provisions aux soldats. Ils étaient doux comme de « vrais Religieux, ce qui me donnait bien de la joie d'aller « à "Villemarie; les Ursulines me firent la grâce de m'ofïrir « leur maison, mais ce n'était pas où je désirais demeu- (0 Lettres autogra-

/ \ /j(.\ phesde laSœur Bour-

« rer ( i) ( ). ^

\ ' \ / geoys.

M. de Maisonneuve, arrivé avec sa recrue à Québec arrivée de la recrue le 22 septembre, y fut retenu tout le mois d'odobre par '' ^'llemarie. la difficulté de trouver des barques; s'en étant enfin procuré, il partit avec tout son monde, qu'il fit marcher devant lui, voulant aller le dernier pour être assuré de ne laisser personne. Ce fut une joie inexprimable à Villemarie de le voir arriver avec cette recrue de plus de cent hommes; &, de toutes parts, ce n'étaient qu'adions de grâces qu'on rendait à Marie, la patronne du pays, aux prières de laquelle on avait attribué jusque-là, avec tant de raison, la conservation si providentielle de cette colonie

fondée pour sa gloire (2). (2) Annales de thô-

tel-Dieu Saint-Joseph, —^— par la Sœur Morin.

(*) Dans la T7t' de la Sœur Boiirgeoys, ces paroles ont été divisées & rapportées en deux endroits différents, à cause du double objet qu'elles énoncent. Nous donnons ici le texte entier & suivi, tel qu'on le lit dans les manuscrits originaux de la Sœur, conservés encore à Villemarie.

l86 II*" PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

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