‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 156 sur 428 · VILLEMARIE FORMEE EN COLONIE. I · texte numérisé non relu

VILLEMARIE FORMEE EN COLONIE. I

en Canada (*), ce qui fait dire au P. Lemercier, dans sa relation de cette année i653: « Quelques personnes de (I mérite & de vertu, qui aiment mieux être connues de « Dieu que des hommes, ont donné de quoi lever une « bonne escouade d'ouvriers, semblables à ceux qui rebâ- (■ tissaient jadis le temple de Jérusalem, maniant la truelle (( d'une main & l'épée de l'autre. Ils sont plus d'une cen- « taine de braves artisans, tous savants dans les métiers (( qu'ils professent, 8c tous gens de cœur pour la guerre. Il Dieu bénisse au centuple ceux qui ont commencé cet ou- II vrage, & leur donne la gloire d'une sainte persévérance Il à l'achever (i). «

(i)Relationdei653,

Si les ouvriers sont le fondement nécessaire de toute société civile, il faut conclure que le travail manuel dut être en grand honneur dans l'antiquité. Ainsi, malgré toutes leurs richesses, les patriarches étaient fort laborieux, & leurs domeftiques servaient à les aider, non pas à les dispenser du travail. Abraham, qui avait tant de serviteurs, apporte lui-même de l'eau pour laver les pieds de ses hôtes ; il va presser Sara, son épouse, de leur faire du pain; lui-même va choisir la viande, la meilleure & revient les servir debout. C'était la même simplicité de mœurs chez les Grecs, dont nous eftimons, avec tant de raison, la politesse; toutes leurs poésies paftorales n'ont pas d'autre fondement. Les héros d'Homère se servaient eux-mêmes pour les besoins ordinaires de la vie, & il y avait peu de choses véritablement nécessaires qu'ils ne sussent faire de leurs mains. Les femmes faisaient' le pain; elles prépa-

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