‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 158 sur 428 · MIERS COLONS DE VIL- LEMARIE AU TRAVAIL · texte numérisé non relu

MIERS COLONS DE VIL- LEMARIE AU TRAVAIL

iq6 11" PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

raient à manger, elles filaient la laine, fabriquaient les étoffes & confectionnaient les habits. Les hommes faisaient le reffe. Homère rapporte qu'Eumée se faisait à lui-même des souliers, & qu'il avait bâti les étables des troupeaux qu'il nourrissait. Ulysse avait bâti sa maison, &, quand il partit de chez Calypso, ce fut lui seul qui conftruisit & (i) Fieury. Mœurs équipa son navirc (i). 11 dut en être ainsi au commencedes Israélites. rncnt de toutcs Ics sociétés, & c'eft ce que Ton vit pra-

tiquer universellement à Villemarie.

APPLICATION DES PRE- Les travaux y étaient considérés comme très-hono-

rables, parce que tous s'y livraient à Tenvi, quel que fût leur rang ou leur condition. Sans parler de M. Louis d'Ailleboufl, qui procura que Ton semât, pour la première fois, en Canada, du blé de France, ni de M. de Maisonneuve, qui aimait à se mêler aux défricheurs & aux charpentiers, Lambert Closse, Major de la garnison, & Charles le Moyne, garde-magasin 8c interprète, ne dédaignaient pas, dans l'occasion, de mettre la main à la charrue. Jean de Saint-Père, premier notaire de Villemarie, également remarquable pour la vivacité de son esprit, la rectitude de son jugement & la solidité d^ sa vertu, bâtit lui-même & couvrit sa propre maison. Gilbert Barbier, procureur fiscal & assesseur de juftice, très-habile charpentier, non moins que brave militaire, conftruisit presque toutes les maisons de l'île de Montréal, par ses mains ou par celles (2)HifloîreduMont- dcs ouvricrs qu'il forma (2). De leur côté, les femmes se

réa^i^i64i. 1642, 1657- Uyi-^jej^^ ^ j-gus les travaux qui pouvaient convenir à leur sexe, & les Religieuses elles-mêmes ne s'en dispensaient pas. Nous remarquerons ici, en passant, qu'une des filles de Gilbert Barbier, la première Canadienne que la sœur Bourgeoys reçut dans la Congrégation de Notre-Dame, Marie Barbier, revêtue de l'habit de cet Institut où elle était entrée dès l'âge de quinze ans, conduisait le matin les vaches au pâturage, allait les chercher le soir, à une demi-lieue de 'Villemarie, & portait quelquefois, sur son cou, le blé au moulin, d'où elle en rapportait de même la

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