‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 160 sur 428 · VRAGES DE MAINS, HÉ · texte numérisé non relu

VRAGES DE MAINS, HÉ

eux-memes les objets indispensables a la vie, contribuait réditaire chez les à les rendre indultrieux, adroits &. habiles à faire de leurs canadiens. mains une multitude de choses pour leur propre usage; & il n'eft pas rare de trouver encore aujourd'hui, surtout dans les campagnes, des descendants de ces premiers colons, qui, fout en vaquant aux travaux de la terre, se font à eux-mêmes des chaussures, des habits, des meubles, des inftruments d'agriculture, réparent leurs maisons, & cela avec autant d'habileté que pourrait le faire le commun des hommes qui s'exercent, par profession, à ces sortes d'ouvrages. C'efl: un refle précieux de la simplicité si honorable des premiers temps de la colonie, tout à fait conforme d'ailleurs aux mœurs de la belle antiquité. Chez les Grecs, c'était un honneur de savoir faire soi-même toutes les choses utiles à la vie, de ne dépendre de personne; & c'elt ce qu'Homère appelle le plus souvent science 8i sa- , , .,

•^ r r r (j) Mœurs des Is-

gesse, comme on l'a fait remarquer avant nous (4) . raéiues, par Fieury.

xm.

Par leurs contrats passés en France, tous ces colons ^"^^ colons travail-

igS 11'' PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

LENT CHACUN POUR s'étaîeiit obllgés à travailler pendant cinq ans, chacun

SON PROPRE COMPTE, ggjgj-j g^ profcssion, sous les ordres de M. de Maisonneuve, & au profit de la Compagnie de Montréal, qui, comme nous l'avons vu, avait pris l'obligation de les nourrir & de leur payer des gages. Mais, par leurs nouvelles conventions, & au moyen des sommes & des terres qu'ils avaient reçues, ils devaient s'entretenir eux-mêmes & travailler chacLin pour son intérêt propre. Par là, la Compagnie était dans l'obligation de leur payer elle-même un jufte salaire, toutes les fois qu'elle les employait à quelque ouvrage pour ses besoins; & c'était un moyen efficace de provoquer de plus en plus leur application au travail & d'exciter leur induflrie. Ainsi voyons-nous que, le 21 décembre de cette année 1654, Fiacre Ducharme, qui était maître menuisier, & son associé Jean Vallets s'obligèrent par contrat, envers la Compagnie, de monter les fusils dont M. de Maisonneuve atirait besoin, à raison de trois livres dix sous, & les piftolets au prix de deux

(i) Archives du se- 'ï'^'^'^s (i). Jusqu'alors cette Compagnie avait procuré graminairc de Montréal, tuitcment aux colous Ics serviccs d'uu OU de plusicurs chirurgiens. Se trouvant déchargée de cette obligation par les nouveaux contrats, il fut convenu, en présence de M. de Maisonneuve, qu'Etienne Bouchard, chirurgien, serait tenu de panser & de médicamenter chaque "famille, le mari, la femme & les enfants, nés ou à naître, moyennant cent sous, qu'il recevrait tous les ans du chef de la maison, avec cette clause toutefois que Bouchard, aussi bien que chaque famille, pourrait rompre l'abonnement à volonté. Le 3o mars i655, où fut passé ce compromis, vingtsix familles s'abonnèrent, auxquelles d'autres s'adjoignirent bientôt, au nombre de quarante-six familles en

(2) Greffe de Ville- tout : parmi elles, celles de Demers, Archambault, des d'e''"saint-Père, lo Carrycs, Hurtebise, Godin, Langevin, Huneault, Picot, mars i655. Leduc, Juillé dit Avignou (2).

Jusqu'en 1672, les colons de Villemarie furent dans

contrat du 2 1 décem bre 1664.

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