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LA SŒ:UR BOURGEOYS

« en Dieu, de dévotion, d'humilité, de mortilication, de « zèle (i). " Ce serait ici le cas de parler des exemples (i) vie de la Sœur admirables que mademoiselle Mance & madame d'Aillé- ^"^^f^"/"' '^'^' ^' boult donnaient, de leur côté, à la colonie. Qu'il nous sutïise de dire que les personnes choisies par la divine Providence pour influer sur l'esprit & les mœurs des colons, offraient une réunion digne des plus beaux temps de rÉglise.M. de Maisonneuve avait fait vœu de challeté perpétuelle, comme on vient de le voir; mademoiselle Mance & la Sœur Bourgeoys s'étaient également consacrées à Dieu par le vœu de virginité, ainsi que M. & madame d'Aillebouff, malgré leur mariage; & toutes ces âmes d élite étaient comme un sel de sagesse qui contribuait très-efficacement à inspirer l'amour de la vertu & à préserver de la corruption du vice tout le refte de la colonie. Elles ne contribuaient pas moins à attirer, par leurs ferventes prières auprès de Dieu, sa protection sur les armes des colons, dans tant de circonstances périlleuses où se trouvait continuellement exposé le pays. Ainsi, par exemple, la sœur Bourgeoys était presque toujours dans une oraison continuelle, & l'on aurait pu dire d'elle, comme du grand Saint Martin de Tours, que sans cesse elle était en prière pour cette nouvelle. Eglise. Aussi M. Souart, dont nous parlerons bientôt, &. qui la dirigea pendant plusieurs années, convaincu du grand crédit de cette sainte fille pour négocier les intérêts du pays auprès de Dieu, aimait à la considérer comme la petite Sainte Genevièpe du Canada : c'était son expression; & il était persuadé que, quelques efforts que fissent les ennemis de la religion &: ceux de l'Etat, la colonie ne souffrirait aucun mal considérable de leur part, étant soutenue par les prières de cette sainte âme (2). Nous avons (2) vie de u Sœur raconté qu'elle avait procuré l'élévation d'une nouvelle Bourgeoys, iSiS, p. croix sur la montagne de Montréal; & l'intentiqu des colons, en rétablissant ce pieux pèlerinage, était de s'y rendre, comme auparavant, pour attirer les bénédictions de Dieu sur leurs armes & obtenir la conversion des sauvages. « Mais, après que la croix fut plantée, il n'y eut

« plus de sécurité de retourner à la montagne ; il survint^ « dit la Sœur Bourgeoys, des empêchements de la part (1 des Iroquois, nos ennemis, qui se cachaient dans le bois ï pour surprendre nos travailleurs. » C'est ce que nous allons exposer, en reprenant la suite de notre hiftoire.

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