‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 181 sur 428 · A LA FAVEUR DE CETTE PAIX, LES IROQUOIS EXIGENT QUE · texte numérisé non relu

A LA FAVEUR DE CETTE PAIX, LES IROQUOIS EXIGENT QUE

DES FRANÇAIS AILLENT s'ÉTABLIR A ONNONTAGUÉ;

ILS s'efforcent DE DÉTRUIRE LES HURONS

DE l'île d'oRLÉANS.

1SITION DES

Nous avons raconté, que le P. Poucet était arrivé à ERS ET DES ON- Québcc Ic 5 novembre i6b3, conduit par quelques Iro- NONTAGuÉs Avx Hv- q^ols d'Agnlé. Ceux-ci, qui étaient au nombre de sept,

RONS DE l'île d'oR- .

LÉANs poi-R LES DÉ- avaicnt annoncé alors que des députés de leur nation '"*'"*'=• reviendraient au printemps, pour traiter de la paix géné-

(0 Relation do iG53, raie (i). Mais il paraît que l'intention secrète de ces barbares, en feignant ainsi des négociations, était de chercher qLielque occasion de détruire les Hurons de l'île d'Orléans & de tomber ensuite sur les Français eux-mêmes. La dernière nuit de leurs pourparlers, ils avaient avoué secrètement aux Hurons qu'en descendant à Québec leur dessein était de les in\'iter à se détacher des Français, & à aller se réunir aux Hurons captifs chez les nations Iroquoises. Ils avaient même ajouté que leurs négociations pour la paix avec les Français n'étaient qii'un prétexte

PROPOSITIONS DES IROQUOIS AUX HURONS. ïGd^.. 223

pour pouvoir leur parler ainsi à eux-mêmes en assurance, & là-dessus les Iroquois leur avaient donné trois grands colliers (i). Ce dessein perfide ne fut point particulier à ceux (i)Reiationde 1654, de la nation d'Agnié. Les Iroquois d'Onnontagué, venus au ^' '' mois de février 1 654, après avoir fait aussi leurs présents pour la paix avec les Français, allèrent pareillement découvrir aux Hurons leurs intentions secrètes. Ils leur conseillèrent, lorsque le printemps serait venu, de témoigner aux Français le désir de quitter Tîle d'Orléans, pour aller s'établir à Villemarie avec leurs femmes & leur enfants ; & leur promirent que, lorsqu'ils seraient arrivés entre Montréal & les Trois-Rivières, ils trouveraient trois ou quatre cents Iroquois qui, à dessein, iraient à leur rencontre. Ils ajoutèrent que ceux des Hurons qui seraient dans le secret, découvrant alors leurs projets aux autres, ce serait une nécessité pour ces derniers de suivre le parti des plus forts; qu'étant ainsi arrivés près de l'île de Montréal, ils remonteraient par la rivière des Prairies, au lieu de suivre le fleuve Saint-Laurent, afin d'éviter par ce moyen Villemarie^ & qu'au-dessus de rîle ils trouveraient cinq cents Iroquois qui les conduiraient. L'ambassadeur d'Onnontagué parla ainsi, durant la nuit, aux chefs de la bourgade Huronne, & fit pour cela quatre présents (2). ^'^ '^*'=>''°" '^^ "'-'^>

Les Hurons, que la crainte des Iroquois suivait par- réponse des hurons tout, effrayés de ce discours, qui tendait à les conduire p™r éviter ce piège. tous à la boucherie, jugèrent qu'ils pouvaient à leur tour user de ruse avec ces perfides. Ils répondirent à l'ambassadeur que ce dessein ne pourrait que réussir, attendu que les Français leur proposaient eux-mêmes d"aller établir une nouvelle habitation Huronne sur le grand lac des Iroquois; qu'il ne présentait donc aucun inconvénient, & qu'il serait même bon de communiquer aux Français ce projet de transmigration avant de l'exécuter. L'ambassadeur y consentit. Là-dessus on tint un conseil, où se trouva M. de Lauson, Gouverneur général. Les Hurons, voulant éviter le piège qu'on leur tendait, demandèrent

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