‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 182 sur 428 · IROQUOIS A · texte numérisé non relu

IROQUOIS A

MAISONNEUX E,

que ce dessein fût difiFcré d'un an, & qu'en attendant ce terme les Iroquois, qui avaient demandé la formation d'un établissement Français dans leur pays, y bâtissent une maison pour les robes noires, ajoutant que, si les missionnaires allaient s'y établir, eux-mêmes les suivraient volontiers. De son côté, M. de Lauson, qui donna aussi des présents, demanda qu'on ne pressât pas ceux des Hurons qui ne seraient pas encore disposés à ce voyage, & qu'on leur laissât à tous la liberté de retourner dans leur ancien pays, ou d'aller chez les Iroquois, ou enfin de demeurer parmi les Français. Toutes ces demandes tendaient à renverser le dessein des Iroquois, & ceux-ci durent bien le comprendre.

DE LAUSON, EMBAR- Ccpendaut, embarrassé sans doute d'avoir à répon-

RAssÉ, RENVOIE lEs jj-g guj- ^£5 proposltlons captlcuses, dont les conséquences pouvaient être si graves, M. de Lauson, qui d'ailleurs n'était pas homme de guerre, finit par dire aux Iroquois Il qu'ils pourraient s'adresser pour la paix à M. de Âlai- « sonneuve avec autant de confiance qu'à lui-même , « & que, pour en traiter avec eux, il lui donnait tous K ses pouvoirs. » Par un de leurs présents, les Iroquois avaient voulu faire entendre qu'ils plantaient un mai devant Québec, comme pour être le lieu des conseils ou des pourparlers; & M. de Lauson, qui apparemment ne désirait pas de traiter avec eux, donna un autre présent, afin que ce mai fût censé être transporté à Villemarie, qui, étant une place frontière, serait pour eux d'un plus facile accès. Cet expédient, de la part de M. de Lauson, eft un éloge de l'habileté de M. de Maisonneuve à traiter avec ces barbares, & à se tirer avec avantage des affaires les plus embarrassantes ou les plus désespérées. C'eff qu'en effet ce dernier ne se montrait pas seulement plein de résolution & de courage dans les combats; il déployait encore dans les conseils la dextérité d'un diplomate consommé, à cause de sa perspicacité naturelle, de sa modération & de sa rare prudence. Quoiqu'il eût conduit à Vil-

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