GUERRE DES IROQL'OIS
lemarie la nouvelle recrue avec laquelle il croyait pouvoir sauver le pays^ il évitait pourtant tout ce qui aurait pu tourner contre lui les armes Iroquoises. Ainsi, au mois de décembre i653, peu après son retour de France, sept Iroquois étant arrivés à Villemarie pour descendre plus loin, il s'efforça de les arrêter^ en leur disant qu'Onontio était partout, &, pour les faire renoncer à un plus long voyage, il leur donna en présent deux grandes chaudières. C'ell qu'il craignait qu'on ne les tuât s'ils descendaient plus avant le fleuve & que leur mort n'attirât les Iroquois sur Villemarie. Enfin, voyant qu'ils persiflaient toujours à vouloir aller à Québec, il demanda, par un présent de deux couvertures qu'il leur donna, que deux d'entre ces Iroquois retournassent dans leur pays pour assurer, de sa part, leurs compatriotes de l'amitié des Montréaliftes, quelque accident qui pût arriver en chemin à ceux qui descendraient à Québec (i).
La suite montra combien peu il fallait compter sur les promesses de ces perfides. Après toutes les assurances que les Iroquois avaient données de la paix, les Français se rendirent à Villemarie pour la traite, lorsque le printemps de 1654 fut venu. Un jeune chirurgien de cette habitation ayant tendu, durant le mois d'avril, ses pièges pour la chasse des caftors, en des lieux écartés, une bande d'Iroquois d'Onneiout, venus de leur côté à la chasse des hommes, le surprirent à l'improvilfe & le jetèrent dans leur canot, sans laisser aucune marque de leur venue. On eût ignoré ce malheur, si un Huron, qu'ils avaient laissé au heu de leur débarquement pour y garder leur bagage, ne se fût échappé & n'en eût promptement donné avis à Villemarie, en ajoutant qu'une troupe de douze Iroquois d'Onneiout, n'ayant que des pensées de guerre & de carnage, étaient en embuscade aux environs, & que chacun eût à se tenir sur ses gardes. Aussitôt on tire le canon pour signal de retraite, on fait l'appel, & il se trouve que le chirurgien eft absent. On craint qu'il n'ait été tué sur la place ou qu'au