‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 186 sur 428 · VU · texte numérisé non relu

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LE CHIRURGIEN RAMENÉ A VILLEMARIE. LES ONNONTAGUÉS PRO- TESTENT DE VOULOIR GARDER LA PAIX.

liens rompus en un moment, & qu à Onneiout même on n'eût plus pour lui que des procédés de douceur, ses ennemis étant devenus ses amis. Mais, à Montréal, la joie fut à son comble, lorsqu'il apporta lui-même la nouvelle de sa délivrance & l'assurance de la paix avec toutes les nations des Iroquois. Ceux d'Onnontagué qui Pavaient ramené de la sorte, voyant tous les colons de Villemarie assemblés, offrirent vingt colliers de porcelaine pour accompagner le principal de leurs présents, qui était le chirurgien remis en liberté. Le premier de ces colliers fut pour affermir le mai que M. de Lauson avait transporté à Villemarie ; le second, pour remettre en meilleure humeur M. de Maisonneuve, juftement indigné pour cette capture illégitime d'un homme qui lui était cher. Par un autre, la nation dOnnontagué brisait Téchafaud où le captif avait été exposé; par un autre collier, le capitaine Iroquois faisait des vœux pour voir résider dans son pays lun des missionnaires, qui avaient enseigné aux Hurons à honorer Dieu. Par d'autres colliers, on promettait de respeder la personne du missionnaire, de recevoir avec amour ses inllrudions & de vouloir adorer le Maître de la vie. Enfin ils proteftèrent que le Français &. l'Onnontagué n'étaient plus qu'un peuple; que leurs bras étaient enchaînés les uns aux autres par un lien d'amour, & que quiconque voudrait couper ce lien deviendrait l'ennemi de Reiaiioii .le ics-), Pun & de l'autre (i). Par le seizième de ces colliers, ils apprirent aux Français, qu'il était survenu aux Iroquois une nouvelle guerre qui les jetait tous dans la crainte; c'était que les sauvages de la nation du Chat (*j, après avoir poursuivi une armée Iroquoise qui revenait vidorieuse, du côté du grand lac des Hurons, avaient mis le feu à une bourgade de Sonnonthoé, taillé en pièces l'ar-

(■) Cette nation était ainsi appelée, parce qu'il y avait, dans le pays qu'elle habitait, une quantité prodigieuse de chats sauvages, deux ou trois t'ois plus grands que nos chats domeftiques, & d'un poil précieux.

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rière- garde des Iroquois, composée de quatre-vingts hommes d'élite, & emmené même en captivité un de leurs plus grands capitaines ; qu'enfin tout était en feu cher, les quatre nations des Iroquois supérieurs; qu'elles se liguaient & s'armaient pour repousser cet ennemi, & que l'extrémité où elles 'se voyaient ainsi réduites les obligeait ii vouloir faire sincèrement la paix avec les Français, quand même elles n'en auraient pas eu la pensée jusqu'alors (i).

Malgré tous ces colliers & toutes ces proteflations, on ne pouvait compter sur la fidélité des Iroquois, qui, divisés en cinq nations, agissaient souvent sans concert entre eux, quelquefois même d'une manière opposée les uns aux autres; & ils en donnèrent une étrange preuve avant la fin de cette même année, en venant attaquer comme ils firent les colons de Villemarie. Durant l'automne, lorsque ceux-ci étaient encore occupés aux travaux de la campagne, une bande de ces barbares se mit en embuscade dans des terres qu'on avait commencé à défricher, chacun d'eux se cachant à l'ombre de quelqu'une des souches qui y étaient en grand nombre. Quoique la paix nouvellement conclue semblât donner toute assurance aux colons, ils ne laissaient pas d'être toujours sur leurs gardes comme auparavant, & ne négligeaient aucune des précautions accoutumées, surtout celle de placer, durant le travail, l'un d'eux en sentinelle, du côté où ils avaient le plus à craindre l'ennemi. Un jour que la sentinelle était montée sur une de ces souches, afin de porter de là sa vue plus loin & d'être mieux en état de découvrir ces barbares, & qu'elle se tournait tantôt d'un côté, tantôt de l'autre : il arriva qu'un Iroquois, qu'elle n'avait pas aperçu, s'approcha d'elle à la sourdine pour la saisir & l'enlever. Dès que la sentinelle tournait la tète du côté opposé à l'Iroquois dont nous parlons, celui-ci, profitant de ce moment, s'avançait aussitôt, allait se cacher derrière une autre souche, & là il restait immobile tant qu'il voyait la sentinelle tournée

(i ^Relation de i65-), p. 10.

YIII.

MALGRÉ I.A PAIX, OIS IROd'OIS ENLÈVENT E DE NOS SENTi-

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