LES AGNIERS FONT PÉ- RIR PAR LE FEU SIX
DES ih'rons chrétiens.
Arrivés ainsi dans leur pays, les Agniers donnèreot la vie aux captifs, excepté à six des principaux chrétiens, qu'ils firent périr par le feu. L'un de ceux-ci fut plus cruellement torturé que les autres, parce que les Agniers remarquèrent en lui une piété plus ardente ; & pour cela ils lui firent souflrir le tourment du feu trois jours entiers, pendant lesquels il invoqua sans cesse le saint nom de Jésus, & ne cessa d'exhorter les compagnons de son supplice. Un Huron chrétien, qui s'était sauvé du feu & avait pris la fuite à demi brûlé, après avoir perdu deux doigts, porta lui-même la nouvelle de cette scène d'horreur (3). (3) Lettres hiftori- Les Algonquins Outawas, quoique alliés aussi des Fran- ^"^"^^ '^^ ^^'^'"^ ^'^ 'i"-
,. . ., ITT .1 carnation, lettre 54«,
çais, n étaient pas moins exposes que les Hurons a la p. 53^^ 533. cruauté des Iroquois : &, cette même année, le 3o du mois
d, ., , , . ^ , , , (4) Hiftoire du Mont-
avril, les Agniers en firent un epou^-antable massacre, réai, par m. Doiuer de
près de Villemarie (4). Casson, i655à i656.
"Vers la fin de ce mois, il était arrivé à Québec cinquante des français qui alcanots d'Outawas, avec deux jeunes Français, qui avaient '-^'^'"'^ hiverner
. . ' ' ' . CHEZ LES OUTAWAS,
SUIVI ces sauvages deux ans auparavant, & qui revenaient alors, après cette longue absence. Ces canots étant chargés de fourrures causèrent une joie universelle à Québec. On les reçut au bruit du canon, & les capitaines montèrent ensuite au Fort Saint-Louis, où ils firent deux présents à M. de Lauson. Par l'un, ils demandaient que des Français allassent hiverner dans leur pays ; &, par l'autre, qu'on leur donnât des missionnaires (5). Trente jeunes Français s'équipèrent incontinent pour les suivre; on désigna les PP. Carreau & DreuUiette, comme missionnaires, 8c tous partirent au bruit du canon. A peine ces voyageurs, montés sur soixante canots, avaient-ils vogué une journée, que deux soldats, envoyés par le Couverneur des Trois-
SE DESISTENT PAR LA CRAINTE DES AGNIEftS.
Relation de i656,
Rivières, vinrent à eux & leur apprirent que des Agniers, ennemis des Algonquins & des Hurons, étaient en campagne. Ces Agniers les attendaient, en efifet, cachés derrière une pointe, pour les surprendre au passage. Mais les autres, à la faveur de la nuit, passèrent si leltement, qu'ils ne furent pas aperçus & arrivèrent ainsi aux Trois-Rivières. Là, les Français qui faisaient partie du convoi, sachant qu'il y avait des ennemis dans le voisinage, se désiftèrent & remirent le voyage au printemps de Tannée suivante; les deux Pères Jésuites, un Frère & trois Français consentirent néanmoins à poursuivre leur route.
-\ CONVOI o'oUTAWyAS EST DÉFAIT PAR LES ACNIERS. LE PÈRE
Les sauvages qui composaient ce convoi étaient au nombre de deux cent cinquante, & les Agniers, qui cher- GAKREAu BLESSÉ MOR- chaïeut à tombcr sur eux, ne faisaient que cent vingt