‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 211 sur 428 · XL\II · texte numérisé non relu

XL\II

On conçoit que, dans une si trifle situation, M. de m. de laison-chahny Charny avait les motifs les plus pressants & les plus im périeux pour désirer Tarrivée du nouveau Gouverneur, remplace Mais, le 20 du mois d'août, apprenant que celui-ci avait été obligé de relâcher en France après être parti de ce pays (2), & qu'il ne viendrait en Canada que l'année (v Journal des Jéd'après, il résolut de se démettre de sa place, sans Tatten- ^""''''' -° ^°"' ' ''■ dre plus longtemps ; &, au lieu de laisser le commandement à son frère le Sénéchal, il jugea sans doute qu'il n'avait rien de mieux à faire, dans des circonftances si orageuses, que de le donner à M. d'Aillebouft, revenu de France, le 29 juillet de cette année 1657, avec M. de Maisonneuve, comme nous le dirons bientôt. Sur ces entrefaites, le P. Poncet partit de Québec pour Villemarie, dans le dessein de se rendre de là à Onnontagué; 8c M. de Charny, profitant de cette occasion, écrivit à M. d'Aillebouft pour le prier de se charger du Gouvernement en sa place. Il paraît même qu'il se démit par la lettre qu'il lui écrivit alors; du moins, M. d'Ailleboull, étant arrivé à Québec le 12 septembre à huit heures du soir (3), y fit ce suUesjTrs'ept'nibrê jour-là même un ade de sa nouvelle charge (4) ; & six jours lûSy. après, M. de Charny partit de Québec sur le navire du niinIife"'drcLuébec^ capitaine Poulet (5). Étant alors veuf & dégoûté des vains regiftre Ursuiines, honneurs du monde, il résolut de se consacrer à Dieu ^\T', , ^ ,.

(5) Journal des Je

dans 1 état ecclésiaftique (6) ; & après avoir reçu les saints suites, 1657. Ordres, il revint en Canada pour y exercer le saint mi- (6) Hiitoire de thô-

. , , '^ ■' tel-Dieu de Québec,

niltere, comme nous le raconterons plus tard. p 10^ loS.

li' PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

JNSOLENCE DES ONNON- TACUÉS RESTÉS A QUÉBEC.

Le 6 octobre suivant, on apprit enfin à Québec le massacre des Hurons, arrivé le 3 août; &, à cette nouvelle, ceux de cette nation qui reliaient encore dans ce pofte eurent lieu de s'applaudir d'avoir échappé à la mort, par ;i) Relation de i658, le délai qu'ils avaient mis à leur départ (i). Toutefois, ■ '°' quoique la nouvelle de ce massacre fût publique, les cin-

quante Onnontagués, dont nous venons de parler, ne laissèrent pas de demeurer toujours à Québec, pour attendre le retour du printemps, dans Tespérance & la résolution arrêtée de conduire avec eux les derniers débris de la nation Huronne ; & cette audace, qui les retint près de Québec, sauva la vie aux Jésuites & aux Français d'On- (i]ihi.f.,p. g. nontagué, comme nous le dirons en son lieu (2). Mais ce qui montre de plus en plus Tinsolence des Onnontagués, & le mépris où était tombée dans leur esprit la Colonie Française, c'eft que les Iroquois de cette nation, à l'occasion du massacre qu'ils venaient de faire des Hurons, eurent l'impudence d'envoyer deux présents au Gouverneur général, qu'ils croyaient être encore M. de Charny, pour lui dire, par le premier : qu'ils ne consentaient pas au meurtre fait en chemin par leur jeunesse ; &, par le second, qu'ils payaient les torts qu'elle avait faits aux habitations françaises par des pillages & des tueries des belhaux (3).

(i) Journal des Je suites, 20 cil. lô.ïy.

. d'ailleboust prend des movens pour proiéger les hurons et les frax-

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