‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 212 sur 428 · I AI · texte numérisé non relu

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M. d'Aillebouft, indigné d'une trahison si infâme & si cruelle, & voulant d'ailleurs mettre un terme aux brigandages exercés impunément par les Onnontagués dans les environs de Québec, tint un conseil avec les Français de ce porte le 21 odobre 1657, & pour en venir à des résolutions efficaces, il déclara : i" que, sans aller attaquer ces barbares, on pourrait repousser leurs insultes par la force; 2" qu'on traiterait toujours en amis les Hurons & les Algonquins; 3" enfin, qu'on empêcherait les Iroquois de leur faire aucun tort à la vue des habitations Françaises. Bien plus, ce même jour, il assembla les Hurons & les Algonquins, leur promit aide ,& protection dans toute

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rétendue du pays qui était à la vue des habitations Françaises, & leur déclara en même temps qu'ils pouvaient attaquer & combattre les Iroquois, pourvu qu'ils le fissent hors de cette étendue (i). Enfin, pour ne pas les (i)ReiationdeiG5S, laisser plus longtemps exposés à la fureur des Iroquois, i'" '"• il leur fit bâtir un Fort au sein même de Québec (2), & (2; Relation de; r.ôo, l'établit sur la hauteur, à côté du château Saint-Louis, afin ^- '•^• qu'ils fussent protégés & mis à couvert par l'artillerie, & qu'en cas de besoin ils pussent même se réfugier dans le château (3). Ce réduit était de forme carrée, d'environ (3) DépôtdesCoiocent cinquante pieds sur chaque face, avec deux entrées Q^^^ébe^Te' ^'''" ''' au milieu, l'une au nord, l'autre au midi : & comme il se trouvait entre le château Saint-Louis & la grande église de Notre-Dame, il donnait aux sauvages chrétiens la facilité de se rendre à l'église sans danger. C'eft ce qui faisait dire au P. Jérôme Lallemant : « Quelques-uns de nos Pères s'occupent à cultiver les deux Églises Algonquine & Huronne, que la crainte des ennemis resserre auprès de nous, leur donnant la commodité de s'acquitter de tous les devoirs des meilleurs chrétiens. Si ceux qui sont obligés de s'écarter dans les terres, pour la chasse, pouvaient mener avec eux quelque Père qui les réconciliât avec Dieu dans le danger, ils s'y tien- « draient avec bien plus d'assurance (4). » M. d'Aillé- (4) Reiationdeieso, bouft fit plus encore. Pour protéger aussi les habitants de ''■ la campagne, exposés jusqu'alors aux insultes des h'Oquois, il ordonna de conftruire quelques redoutes écartées, OÙ ils pussent se retirer, en cas d'attaque; &, non content d'avoir donné ces ordres, il allait lui-même en personne pour visiter les travaux. Ainsi voyons-nous que, le 23 mars suivant, il se rendit dans ce dessein à la côte de Beaupré, où il avait ordonné de conftruire une de ces

redoutes (5). (-'') Journal des Jé-

suites, 23 mars iiJ58.

L'attitude que, sous le gouvernement de MM. de Lauson, les Iroquois avaient prise à l'égard des Français faisait assez comprendre que ces barbares ne tarderaient

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pas à leur déclarer de nouveau la guerre, dès qti'ils croiraient en avoir une occasion favorable, comme ils firent vers la fin de Tannée lôSy. Mais, avant d'entreprendre le récit de cette quatrième & cruelle guerre, il eft nécessaire d'exposer ici divers événements politiques ou religieux arrivés dans cet intervalle de temps, depuis la paix faite en i655. Nous avons voulu les raconter à part, afin de mettre plus de clarté & de liaison dans les récits que nous allons en faire.

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