SECOURS EST SUSPE DUE
Toutefois, la Sœur, qui aurait pu s'autoriser de la NOTRE DAME DE EON- permissiou donnée déjà par le P. Pijart, voulut avoir aussi celle de M. de Queyius, 6c lui écrivit pour cela. 11 se trouvait alors à Québec 8: se proposait lui-même de faire conffruire aussi à Villemarie une église de pierre, dont M. de Bretonvilliers, son supérieur, voulait faire tous les frais. Pour concerter donc ce dessein avec celui de la Sœur Bourgeoys, & rendre les deux édifices projetés plus utiles à la colonie, il lui répondit de suspendre l'ouvrage jusqu'à son retour à Villemarie. Mais, avant son retour,
CHAPELLK DE N.-D. DE BON SECOURS, \65j-o8. 289
qui fut retardé jusqu'au mois d'août i658;, la Sœur eut un autre motif pour interrompre les travaux commencés. Se voyant en possession du terrain & de la maison donnés à perpétuité pour les écoles, & considérant qu'elle n'avait que Marie Picaut pour la seconder, elle résolut d'aller à Troyes, afin de chercher, parmi ses anciennes compagnes, des filles zélées qui l'aidassent à inftruire les enfants; & comme mademoiselle Mance était alors sur le point de faire un voyage en France, & qu'elle avait besoin d'une compagne, la Sœur Bourgeois s'offrit à elle & fut charmée de profiter de cette circonfiance pour etteduer son dessein. Ce voyage eut les plus heureux résultats pour la colonie ; mais, avant d'en faire le récit, nous parlerons du séjour que M. de Queylus fit à Québec, & des mofifs qui l'y retinrent pendant près d'une année entière.
Quelque fâcheux que soient les détails dans lesquels i.k p. poncet remet nous allons entrer, la vérité & l'intégrité de l'hiftoire ne nous permettent pas de les passer sous silence (*); ils de çluébec feront sentir d'ailleurs le besoin pressant que le Canada avait alors d'un évéque, & juftifieront de plus en plus les inltances de la Compagnie de Montréal pour l'obtenir.
(*) Dans la Vie de M. Olîer (i ), nous avions fait remarquer que (i) Tome II, édition l'éloge de M. de Queylus, fait en présence de l'assemblée générale du de i85?, p. 5o6, clergé de France, & les autres témoignages si honorables que Colbert, M. Talon & d'autres grands magirtrats de cette époque (^sans parler de Louis XIV lui-même) rendirent, dans la suite, à son désintéressement, à sa piété & à son zèle, pouvaient difficilement se concilier avec le portrait qu'on a fait de lui dans quelques écrits composés récemment, d'après certains documents isolés. Nous avions ajouté que, pour juger avec connaissance de ces appréciations si différentes, il serait nécessaire de voir exposée, avec tous ses détails, l'hifloire de ces premiers temps de la colonie; & qu'à l'aide d'un grand nombre de monuments inédits , que les écrivains modernes dont nous parlons n'ont pas connus, on pourrait mettre le ledeur en état de porter sûrement son jugement sur M. de Queylus. C'ed ce qui nous détermine à exposer ici, en détail, les circonflances de son séjour à Québec & celles de sa retraite à Villemarie.