EN FRANCE POUR AME
se disposait, comme il a été dit, à faire le voyage de France, ner des hospitadans l'intention d'attirer à Villemarie quelques Hospitalières de Saint-Joseph de la Flèche, & de leur remettre la conduite de l'Hôtel-Dieu, que la Compagnie de Montréal leur avait déjà assurée. Les prêtres de Saint-Sulpice , à leur arrivée, l'année précédente ibSy, lui avaient annoncé que ces filles étaient toutes résolues de partir, & qu'elles se mettraient en mer dès qu'on aurait élevé les bâtiments deftinés pour leur usage (5); & quoique depuis on n'eût 5, Annales de i'Hô pu encore les conflruire, mademoiselle Mance jugea qu'elle \';',"'j*^''sœiTr"Mo7in^'' devait passer en France pour hâter leur départ, étant alors elle-même absolument incapable de rendre aucun service aux malades, par suite d'un accident grave qui lui était survenu. Le 28 janvier lôSy, à huit heures du matin, elle était tombée sur la glace, & dans sa chute, qui avait été très-rude, s'était rompu l'avant-bras droit & démis le poi-
LIEllES DE LA FLECHE A VILLEMARIE.
gnet. Le chirurgien, Etienne Bouchard, en la traitant pour rétablir Favant-bras, dont les deux os étaient fracturés, ne s"aperçut de la dislocation du poignet que six mois après Taccident, c'eit-à-dire lorsqu'il n'y eut plus de remède humain à ce mal. Le lieutenant des chirurgiens du Canada, Jean Madry, venu de Québec pour la traiter, n'avait pas remarqué non plus cette dislocation; en sorte que le bras de mademoiselle Mance était tombé dans un état d'amaigrissement excessif, quoique entièrement guéri de la fradure. « Je demeurai tout à fait privée de Tusage de " la main, écrivait-elle dans la suite, 8c de plus j'en souf- « frais beaucoup, étant obligée de porter toujours mon <i bras en écharpe , & ne pouvant le soutenir autrement « ou sans quelque autre appui. Enlin, depuis le moment « de ma fradure, je ne pus m'aider ni me servir de ma " main en aucune manière; en sorte qu'il fallait qu'on (i) Archives du se- « m'habillât & me servît comme une enfant (i). » Dans rpTrirAttefulonde ^ct état d'infirmité, se voyant inutile à l'hôpital, dont elle guérison. Déclaration était Cependant adminiftratrice par l'ade de fondation, do mademoiselle Man- gjjg (jésirait ardemment d'en donner la conduite aux Filles
ce, 13 tev. ibSQ.
de Samt-Joseph. Un oblfacle s'opposait à leur départ : le
manque de fonds pour subsifter à 'Villemarie. Car elles
étaient obligées d'y servir les .pauvres gratuitement , de
(2)Aae de chaus- s'entretenir de leurs revenus propres (2); & les cinquante
sières, notaire à Paris, ,j • iiij'..-i. /^j
I- mars i6 8 ^'"^^^ ^^ pcusiou qu cUcs devaient avoir chacune en Canada,
(3) ibid., 3i mars d'après les termes du compromis de i656 (3), n'étaient
'^^^' pas suffisants pour les y faire subsifter, dans ce temps où
tout se vendait à un prix excessif. Mademoiselle Mance désirait donc d'aller trouver madame de Bullion, dans l'espérance d'obtenir de sa grande 6c inépuisable charité une fondation pour ces Filles, 8c de les amener avec elle à Villemarie.
M. riE QUEVLus AP- Sur ces entrefaites, M. de Queylus étant revenu de
PROUVE LE VOYAGE Q^^^j^g^ elle s'ouvrit à lui de son dessein, & le lui exposa