‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 230 sur 428 · DE MADEMOISELLE · texte numérisé non relu

DE MADEMOISELLE

MA.NCE EN FRANCE, cu ccs tcrmcs i « Mousicur, ^•oilà que mon mal empire au <i lieu de guérir; mon bras efl quasi tout desséché, & me

RETOUR DE M. DE QUEYLUS A VILLEMARIE. l658. 3o5

laisse le reste du corps en danger de quelque paralysie. Je ne le puis aucunement remuer, & même on ne peut y toucher sans me causer les plus vives douleurs. Cet état me met dans un embarras extrême, étant chargée d'un hôpital auquel je ne puis subvenir, & me voyant obligée de demeurer ainsi inutile le refte de mes jours. Cela étant, voyez ce quil eft à propos que je fasse. Ne serait-il pas bon que j'allasse en France trouver la fondatrice, pendant qu'elle elt encore vivante, afin d'obtenir d'elle, s'il se peut, un fonds pour des Religieuses, & que je parlasse aussi à MM. les Associés de Montréal? La Compagnie n'eft pas présentement en état de faire elle-même cette fondation, ayant à fournir à tant d'autres dépenses pour la colonie ; & moi, de mon côté, je ne puis plus soigner les malades. Si je réussis, je tâcherai d'amener ces bonnes Hospitalières de la Flèche, avec lesquelles feu M. Olier & les autres Associés ont, il y a déjà longtemps,* passé contrat pour le même dessein. Que pensez-vous, Monsieur, de mon projet (i)? Il M. de Queylus, lorsqu'il était parti de (i)Hiftoir>;du.\;onr- France, après avoir travaillé depuis sept ou huit ans à la ''^^'' '^^y-ss. réformation du clergé & à la conversion des calviniftes dans le Vivarais, ignorait entièrement l'ordre que M. de la Dauversière croyait avoir reçu de Dieu, de former un Inftitut de Filles de Saint-Joseph, & d'en envoyer quelquesunes dans l'île de Montréal, après qu'il y aurait formé une colonie Française. Pendant son séjour à Québec, sachant que les Filles de Saint- Joseph ne pourraient subsifter à l'Hôtel-Dieu de "Villemarie, il avait concerté, avec les PP. Jésuites, le dessein d'en donner la conduite aux Hospitalières de Québec, comme nous l'avons dit. Il répondit donc à mademoiselle Mance qu'elle ferait très-sagement d'entreprendre ce voyage, & que, pour lui, .il y donnait volontiers son approbation.

Jugeant même que ce départ serait une occasion très- «. de çlcfills appelle favorable pour faire venir à Villemarie les Hospitalières -^ villemarie eelx

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3o6 II*" PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

iTALiÈREs DE de Québcc , il profita de la circonftance pour en appeler JÉEEc. deux, sous prétexte de changer d'air, mais dans Tintention

secrète de leur confier le gouvernement de la maison. Mademoiselle Mance, à qui elles se présentèrent deux jours avant son départ, les reçut avec beaucoup d'honnêteté; comme néanmoins elle était établie adminiftratrice de THôpital jusqu'à la fin de ses jours, & n'avait jamais eu en vue que les Filles de Saint-Joseph, elle donna l'administration de l'établissement, pendant son absence, non aux deux Hospitalières dont nous parlons, mais à une pieuse personne, mademoiselle de la Bardillière, qui, avec l'aide de quelques servantes, sut en effet pourvoir à tout, & mérita l'approbation de toute la colonie , spécialement celle (i-) Hift. de l'Hôtel- des deux Hospitalières venues de Québec (i); de sorte Dieu de Québec, par g^^g (,gg Religieuses semblèrent n'être venues à 'Villemarie

la Mère Juchereau, p. , ^ ^ c^ r>

114. Annales de l'Hô- ^uc pour remplacer momentanément la bœur Bourgeoys. tel-Dieu Saint-Joseph, Celle-ci, qui allait passer en France pour y chercher des

par la Sœur Morin, , . , 1 r .• j i i-i't 4. '1

p ,^(, cooperatnces dans la formation de son Inltitut, pria les

deux Hospitalières de faire l'école aux enfants pendant son absence, & elles acceptèrent volontiers ce charitable em- (2)HiftoiredaMont. pi^: de l'avis dc M. dc Qucylus (2).

réal, de 1G57 à iG-"i8. -"^ ^ ^ ^ v /

A PARIS, ON JUGE QUE Madcmoiselle Mance partit de 'Villemarie , avec la

LE MAL DE MADEMoi- gœ^j- Bourgcoys, le 29 septembre (3), & s'embarqua à Québec, sur un vaisseau marchand (*) , le 14 du mois

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