XXXII. Qq fi^i apparemment après l'arrivée de ces trois ec
clésiaftiques à Québec, & à leur sujet, que le P. Jérôme dLEVLLs A Lallemant écrivait en termes généraux à M. d'Argenson, conseiller d'État à Paris, frère du Gouverneur, le 8 odobre, sans parler pourtant du voyage que ce dernier venait de faire à Villemarie : « Votre frère s'eft comporté à (I regard de Mgr de Pétrée autant bien qu'on Feût pu « désirer, ayant fait valoir une deuxième lettre du Roi, « qui lui enjoignait de mettre Mgr de Pétrée en posses- « sion de l'usage de tous ses titres, & d'empêcher que « les vicaires de Mgr de Rouen tissent ici aucune fonétion. (i)Hiftoire du Mont- " ^^'^ ^ douné la paix ecclésiaftique pour le présent (i). » reai, de i65s à i65r). Dans le journal il n'eft pas parlé non plus du voyage du Gouverneur à Villemarie, ni de l'arrivée de M. de Queylus & de ses compagnons à Québec, escortés par des soldats, quoique cet événement, l'un des plus singuliers de l'hifloire du pays, fût plus digne de remarque qu'une multitude de menues circonftances qu'on y trouve relatées. C'efl: qu'apparemment le traitement fait à ces ecclésiastiques parut si étrange, qu'on ne jugea pas à propos d'en rappeler le souvenir dans ce journal. C'elt la réserve qu'a cru devoir garder, de son côté, M. Dollier de Casson, dans son Hiftoire du Montréal. « Ensuite de l'arrivée « de la recrue & des Hospitalières pour Villemarie, nous « voyons le retour de M. l'abbé de Queylus en France, « qui affligea beaucoup ce lieu. « C'efl tout ce qu'il en dit, en ajoutant pour tout commentaire : « Ainsi, en cette comte '"d'Arffenson " ^^^' ^^^ douceurs sont mélangées d'amertumes (2). » fol. 112. Enfin M. d'Argenson, qui n'avait agi en cela que par né-
cessité, n'a pas osé non plus parler explicitement de cette trille expédition, de peur sans doute que, si ses lettres tombaient en des mains étrangères, elles ne pussent lui faire quelque tort à lui-même. Écrivant le 21 odobre, veille du départ de M. de Queylus pour la France, après avoir dit, au sujet d'une certaine affaire : « Je ne vous en écris pas les raisons, de peur que la lettre ne tombe eu d'autres mains, » il ajoutait : « M. de Pétrée eft parfaite-
RETOUR DE M. DE QUEYLUS EN FRANCE. l65g. 34g
« ment reconnu^, suivant la volonté de Sa Majefté, qu'elle « a déclarée par deux lettres de cachet. M. l'abbé de « Queylus s'elt bien comporté, il passe en France. Un (I homme de ce mérite sacrifie volontiers ses biens &. sa « personne pour l'établissement de l'Église; si vous dési- « rez savoir quelques particularités de plus du pays, (I M. l'abbé de Queylus pourra vous les faire savoir. » 11 disait encore dans la même lettre : « Je ne puis assez es- (I timer le zèle & la piété de M. de Pétrée. C'eft un vrai « homme d'oraison; & je ne fais aucun doute qu'il ne (I fasse grand fruit en ce pays, lorsqu'il en aura pris la « connaissance : car les pratiques ici sont bien différentes « des spéculations qu'il en a faites (i). » Marie de Fin- (i) Emplois du vicarnation, dans une lettre qu'elle écrivit après le 8 odobre, ^s ^'.^'"'°"'^°'' avant la lin de cette année, 8c qui probablement partit par le vaisseau qui emmena M. de Queylus en France, garde aussi le silence sur son expulsion du pays, si l'on juge de sa lettre par ce qui en a été imprimé. Toutefois, elle fait une réflexion qui, eu égard au temps où elle écrivait, ne pouvait concerner que cette expulsion même : « Pour le pays en général, dit-elle, sa perte, à mon avis, « ne viendra pas tant du côté des Iroquois que de cer- (I taines personnes qui, par envie ou autrement, écrivent « des choses fausses contre les plus saints & les plus « vertueux ; & comme la nature corrompue se porte plu- « tôt à croire le mal que le bien, on les croit facilement. « De là vient que, lorsqu'on y pense le moins, on reçoit ici (' des ordres & des arrêts très-fàcheux (2). » Nous ajou- i-': Lettres hirtoiiterons que, dans sa relation de l'année 1660, qu'il envoya '''"'^' ^ ••/ > v- au Souverain-Pontife, M. de Laval, parlant du retour de M. de Queylus en France, a cru devoir garder aussi un profond silence sur son arreftation à main armée, 8c même sur son expulsion du Canada. Il s'ell: contenté de dire : In Galliam ipsc transfretavit (3), ce qui, n'étant v^, Archives de u accompagné d'aucun commentaire, signifierait naturel- i'ropasande,voi..in.e-
., . , , . , ^ iica, <, Canada, i'i>G.
lement qu il serait retourné de lui-même en rrance. av^., art. 5o, foi. 1 2 Peut-être jugea-t-il que ce traitement avait été trop vio- ^«■"so-
35o II"" PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.