‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 267 sur 428 · DONNE D ARRETER · texte numérisé non relu

DONNE D ARRETER

TOrS LES IROQ.UOIS Q.l,'0N PEUT SAISIR.

adressées aux missionnaires. Il les informait du massacre qui venait d'avoir lieu à la Pointe Saint-Charles, & les priait de dire aux anciens du pays qu'il avait arrêté de leurs gens & les détenait sans leur faire aucun mal, désirant de savoir si l'attentat sur les personnes des trois Français de Viilemarie n'avait point été commis par leur jeunesse : qu'en attendant Féclaircissement de cette affaire,

,-, ^ V ■ • •»..•..- j / N ( I) Relation de i658,

ceux qu il retenait ainsi seraient traites avec douceur (i). ,

Immédiatement après le meurtre, M. de Maisonneuve *'• daillebolst or dépêcha un canot pour en donner avis aux Trois-Ri\'ières & à Québec, & informer les Gouverneurs de ces deux portes de la ligne de conduite qu'il allait tenir, 6c que la prudence demandait dans des circonftances si alarmantes. Aux Trois-Rivières, on arrêta aussitôt douze Agniers, dont quelques-uns furent envoyés à Québec; &, le i" novembre, M. d'Aillebouft, qui tenait alors la place de M. de Lauson- Charny, ayant reçu les lettres de M. de Maisonneu^'e, donna ordre aussi lui-même d'arrêter, dans toutes les habitations Françaises, tous les Iroquois qui s'y présenteraient, quelle que fût leur nation. Le 5 du même mois, il assembla les Français, ainsi que les Algonquins 8: les Hurons, pour leur communiquer le dessein qu'il avait d'envoyer à Agnié deux prisonniers de cette nation, afin d'informer les anciens du motif de l'arreftation des autres. Il leur faisait dire qu'on avait tué trois Français à Villemarié, les meurtriers étant au nombre de trente, quoiqu'il n'en eût pas paru autant; que, les parents des défunts ayant voulu se venger sur les Agniers qui étaient aux Trois-Rivières, on s'y était opposé de la part du Gouverneur général; mais qu'on avait saisi ces Agniers pour savoir des anciens de leur nation si ce meurtre n'avait pas été commis par leur jeunesse (2). Cependant, dès que la nouvelle de ces meurtres se fut répandue à Québec, les Français de ce porte craignirent que les cinq nations Iroquoises ne s'unissent ensemble pour ruiner la colonie, &, considérant cet attentat comme une déclaration de guerre.

(2; Relation de i65S,

368 ir PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

on se mit à faire la garde, afin de n'être pas surpris. Le P. RagueneaLi rapporte, en effet, que les sauvages d'Onneiout, revenus dans leur pays, y avaient porté comme en triomphe les chevelures des trois xMontréaliftes, dans leur bourgade, pour marque de guerre déclarée (i).

(i)ReIationdei658,

AMBASSADEURS AGNiERs Ccpeudont les kttrès envoyées par M. de Maison

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