‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 268 sur 428 · DETENUS DANS LES FERS · texte numérisé non relu

DETENUS DANS LES FERS

neuve à Onnontagué ne furent point remises aux Pères BERTÉ DES LEURS, Jésultcs. BicH plus, par une déloyauté atroce, le sauvage de cette nation qui en avait été chargé, au lieu de rapporter aux anciens les paroles de ce Gouverneur, leur dit que les Français venaient de se lier principalement avec les Algonquins pour leur faire la guerre, 8: que même ils avaient tué son compagnon vers les îles Richelieu. Jl n'en fallait pas davantage pour animer les Onnontagués contre les Français résidant dans ce pays ; mais, avant de tomber sur eux, ils voulurent se concerter avec les Agniers. Ceuxci, qui ne pouvaient, non plus que les autres, souffrir la détention de leurs gens , la regardant comme très-in- (2) Relation de 1 658, j^^fle (2), envoyèrent, pour demander leur délivrance, ' "■ trois ambassadeurs, qui arrivèrent à Qiiébec le 3 jan-

vier i658, & auxquels M. d'Aillebouft donna audience le 4 du mois suivant. Le plus âgé des trois, tirant neuf colliers de porcelaine, en présenta sept au Gouverneur & les deux autres aux Hurons & aux Algonquins. Dans sa harangue, il protefta ne savoir qui avait commis le meurtre des trois Français à Villemarie, ajoutant que ce pouvait être des sauvages de Sonnontouan, d'Onnontagué ou d'Onneiout, mais que ceux d'Agnié étaient innocents de ce crime. 11 demanda donc à M. d'Aillebouft qu'il rompît les fers des Agniers détenus & leur fournît les choses nécessaires pour leur retour. Quant aux Algonquins & aux Hurons, il les interpella sur leurs sentiments à Tégard des Agniers, se promettant bien à lui-même qu'ils ne lui feraient aucun mal dans la maison du Gouverneur : « Cache « ta hache & ton couteau, si tu en as, dit-il; car tu lui u ferais honte en me blessant. »

4'' GUERRE. AMBASSADEURS AGNIERS A QUÉBEC. 3Cq

M. d'Ailleboult, jugeant qu'il était de son honneur de réponse de m. daiu.eréprimer l'audace & l'insolence de ces barbares, assembla """^^ '^^'^ ambassad'abord les Français, & ensuite les Hurons avec les Algonquins, pour arrêter de concert la réponse qu'il voulait leur faire; & enfin, le 12 février, les ayant tous réunis dans une grande salle, où les trois députés d'Agnié furent introduits, il leur fit interpréter publiquement sa réponse. II avait eu soin de la mettre par écrit, & l'on va voir qu'elle faisait un singulier contrafte avec celle de M. de Lauson- Charny, quelques mois auparavant. « C'efI: chose étrange « que toi, Agnier, tu me traites comme si j'étais ton captif. « Tu me tues; moi, qui suis Français, je crie : On m'a « tué. Tais-toi, me dis-tu, nous sommes bons amis, 8: tu « me jettes un collier de porcelaine comme en me flattant « & en te moquant. Sache que le Français tirera raison « de ta perfidie, qui dure depuis si longtemps. Il n'a qu'un K mot à te dire, le voici : Fais satisfadion, ou dis qui a « commis le meurtre. Tu sais bien que ton armée est en « campagne, & cependant tu crois m'amuser avec un col- « lier de porcelaine. Le sang de mes frères crie bien haut; « si bientôt je ne suis apaisé, je tirerai vengeance de leur « mort. Tu es si effronté que tu oses bien redemander « quelques haches & quelques haillons qu'on a pris à tes « gens; as-tu rapporté ce que tes compatriotes ont pillé, « ce que vous avez volé, depuis deux ans, dans les mai- « sons Françaises? Si tu veux la paix, faisons d'abord la « guerre. Le Français ne sait ce que c'efi que de craindre , « quand une fois la guerre eft résolue. Tu demandes aux « Algonquins & aux Hurons ce qu'ils ont dans le cœur. « Ton frère l'Onnontagué a tué les Hurons, & toi, tu ve- « nais pour massacrer les Algonquins; &; tu oses leur de- « mander ce qu'ils ont dans le cœur! Ils souffrent que je « te conserve la vie parce qu'ils m'obéissent, &, s'ils « n'avaient pas du respedt pour moi, le collier dont tu « leur as fait présent aurait servi de licou pour t'étran- « gler (i). » Les députés Agniers, voyant que l'assemblée (oRciatioiLieiO-vS commençait à se séparer & qu'on ne parlait point de les i"- '"' '•+•

TOKK II. 24

SyO II*" PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

renvoyer dans leur pays, firent encore deux présents, par Fun desquels ils jjromirent, si M. d'Aillebouft voulait les laisser aller, de revenir au printemps, en ramenant avec eux le P. Le Moyne, qui était toujours à Agnié, & les fi) Relation de iG58, meurtriers des trois Montréaliltes. On les laissa partir (i).

vn.

COALITION DE TOUTES Pendaut qu' à Québec on faisait ces assemblées, on

LES NATIONS iROQuoi- ^-jjjj ^ Aguié, au mols de février i658, un conseil fort se-

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