‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 283 sur 428 · BEC · texte numérisé non relu

BEC

Une honnête veuve, qui s'éfait retirée à Québec, sortit de là pour aller à sa terre, située à six lieues au-dessous, LES ALARMES A QiÉ ^\^^ ^ôté du Petit-Cap. Comme elle y travaillait avec son gendre, sa fille & quatre enfants, tout à coup huit Hurons renégats, fondant sur eux, les font prisonniers & les mettent de force dans leur canot. M. d'Argenson, informé de cet enlèvement, envoie aussitôt un parti d'Algonquins & de Français à la poursuite de ces Hurons perfides. On les atteint; oij fait sur eux plusieurs décharges, dans l'une desquelles la veuve eft blessée à mort. On prend enfin ces Hurons & on les condamne au dernier supplice; mais, avant de mourir, ils font un aveu qui renouvelle toutes les craintes des habitants : car, après avoir détefté leur apostasie & donné des marques de conversion, ils témoignent être étonnés de ce que l'armée Iroquoise tarde tant de venir, & ajoutent que, sans doute, elle assiège les Trois- Rivières. Cette déclaration produisit une impression de crainte d'autant plus vive que, jusqu'alors, on n'avait reçu

4° GUERRE. ALARME A QUÉBEC. 1660. 3g5

aucune nouvelle d'une chaloupe pleine de soldats que M. d'Argenson avait envoyés à la découverte. Cette chaloupe était sans doute celle qui était partie de Québec, le 17 avril, commandée probablement par Euftache Lambert, & qui reconduisit à Villemarie M. d'AUet, relié tout l'hiver malade à Fhôpital de Québec (i). On n'avait non (o journal des Jéplus de nouvelles de deux autres chaloupes parties quelque suites, 27 avril 1660. temps après. Au milieu des anxiétés & des craintes où chacun était, quelques-uns crurent avoir vu l'armée ennemie; le bruit se répandit bientôt qu'elle était proche de Québec, que même on l'avait aperçue; & il n'en fallut

pas davantage pour qu'en moins d'une demi-heure cha- (2) Ma^ede^Incar- . ; ,,r , ^ I r, 1 nation. Lettre SS', 25

cun tut prêt a se détendre 6i que tous les polies du monas- juin iôôo, p. 547, tère des Ursulines fussent de nouveau barricadés (2). ^4^.

Cependant l'armée ennemie, composée de huit cents '■"^''."'' """'"""^ ^"^

^ ' ^ RETEE EN CHEMIN

hommes, ne parut pas, & si, malgré la résolution qu'elle par dix-sept monten avait prise, elle ne descendit point à Québec, c'eft ""^^listes. qu'elle fut arrêtée en chemin par dix-sept colons de Villemarie. Ces braves firent, dans cette occasion, le plus beau fait- d'armes dont il soit parlé dans l'hiftoire moderne, 6c, par leur courage vraiment héro'ique, obligèrent les Iroquois à renoncer à leur plan de campagne & à retourner dans leur pays, après avoir laissé, sur le champ de bataille, un très-grand nombre de leurs guerriers. Ce trait fut écrit, peu de jours après, par la Mère Marie de l'Incarnation, dans l'une dj ses lettres, sur le récit d'un lâche Huron (3) i") Mane de rincar-

• 1-1T- -^ /- -1 ,1 nation. Ibid., p. 554.

qui avait trahi les français. On en ht aussi le narre dans

la relation de cette même année 1660, sur le rapport de

trois Hurons perfides (4) qui, s'étant rendus aux Iroquois, (4)Re''it'onJei6Do,

étaient parvenus à s'échapper de leurs mains. Mais l'un &

l'autre de ces narrés sont incomplets, inexacts, & même

fautifs en plusieurs points, comme il arrive quelquefois

dans les premiers récits d'événements passés au loin. Les

vraies circonftances n'en sont nettement connues qu'avec

le temps, qui les éclaircit, leur donne toute certitude & les

rend de notoriété publique. C'ell: ce qui a eu lieu pour le fait

d'armes dont nous parlons. Aussi M. Dollier de Casson, dans son Hijloire du Montréal, en a-t-il recueilli toutes les circonftances pour servir de correctif aux récits fautifs qu'on en avait publiés, & c'eft d'après lui que nous allons les exposer dans cette hiftoire, en joignant à son récit quelques particularités des deux autres qu'il a négligées dans le sien.

de dollard et de ses compagnons d'armes.

4'' GUERIŒ. DOLLARD LT LES SILNS. l6(3o. ^97

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