‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 284 sur 428 · FAIT D ARMES DU LONG-SAUT ET SES SUITES, DE 1660 A · texte numérisé non relu

FAIT D ARMES DU LONG-SAUT ET SES SUITES, DE 1660 A

Jusqu'alors les colons de Villemarie s'étaient conten- résolution HÉnoiai-E tés de repousser les attaques des Iroquois &. de leur donner la chasse dans les lieux voisins des maisons où ils avaient coutume de se tenir en embuscade. Mais ces barbares ayant mis en marche une grande armée & pris la résolution de détruire tout ce qu'il y avait de Français en Canada, il était à craindre que les Montréaliiles ne succombassent enfin sous le grand nombre des ennemis, quelque vigoureuse défense qu'ils pussent opposer à leurs attaques. Dans cette extrémité si alarmante, un homme de cœur, s'il en fut jamais, DoUard des Ormeaux, ce jeune commandant de la garnison dont on a parlé, conçut, au mois d'avril 1660, le généreux dessein d'aller, avec un petit nombre de colons, à la rencontre de cette armée, de se battre jusqu'au dernier souffle, sans accepter de quartier, 8c en vendant ainsi leur vie le plus cher qu'ils pourraient, d'inspirer de l'épouvante aux Iroquois par une résolution si audacieuse & une mort si héroïque. Il propose donc à seize jeunes colons de les conduire pour ce dessein, en parti de guerre, au-dessus de l'île de Montréal, ce que personne n'avait osé tenter encore, & tous promettent de le suivre si le Gouverneur approuve leur résolution. DoUard la soumet aussitôt à M. de Maisonneuve, qui, connaissant le courage & l'intrépidité de ce jeune militaire , y donne volontiers son approbation; mais comme l'un des seize

(i)Hiftoire du Montréal, de lôSg à l'Goo.

s'était désisté de sa promesse, les autres, pour n'être empêchés par aucune considération d'aller affronter généreusement la mort, font chacun leur teftament, s'approchent religieusement des sacrements de Pénitence & d'Euchariftie, &, en présence des saints autels, s'engagent par un serment solennel à ne demander & à n'accepter aucun quartier, & à combattre jusqu'à leur dernier souffle de vie (i).

l'empkessement de Le brave Major Closse, l'intrépide Charles Le Moyne

DOLLARD A PARTIR ^ jg courageux Picoté de Belelf re, informés d'une si noble

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