‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 287 sur 428 · DOLLARD FORTIFIE A L- HATE SON RÉDITT · texte numérisé non relu

DOLLARD FORTIFIE A L- HATE SON RÉDITT

DoUard & les siens, qui étaient en prière lorsque l'ennemi se présenta, se retirèrent aussitôt dans le retranchement, sans avoir le loisir d'emporter avec eux leurs chaudières, qu'ils avaient mises sur le feu pour préparer à manger. Après des huées & des décharges de part & d'autre, un capitaine Onnontagué s'avance sans armes jusqu'à la portée de la voix, pour demander quelles gens étaient dans ce Fort & ce qu'ils venaient faire. On lui répond que ce sont-des Français, des Hurons & des Algonquins, au nombre de cent hommes, qui viennent au devant des Ne{-Percés. — « Attendez, réplique le capitaine, « que nous tenions conseil entre nous, puis je viendrai « vous revoir; &, de votre part, ne faites aucun ade « d'hoftilité, de crainte que vous ne troubliez les bonnes H paroles que nous portons aux Français de Villemarie. « — Retirez -vous donc à l'autre bord de la rivière, (( dirent alors les Français, tandis que nous parlemente- (I rons de notre part. » Ils désiraient cet éloignement de l'ennemi pour avoir la liberté de couper des pieux, afin de fortifier leur palissade. Mais, au lieu d'aller camper de l'autre côté, les Iroquois commencèrent à dresser un retranchement vis-à-vis du réduit; &, de leur côté, les Français, durant ce temps, se mirent à se fortifier le plus qu'ils purent, mettant des branches d'arbres entre les pieux de leur réduit, & remplissant le tout de pierres & de terre à

4'' GUERRE. FAIT d"aRMES DU LONG-SAUT. lC6o. 4o3

hauteur d'homme, de telle sorte, néanmoins, qu'il y eût des meurtrières tout autour, & qu'on pût placer trois fusiliers à chacune.

L'ouvrage n'était pas encore achevé, que 1 ennemi les mociuois, battus,

■\int à Tassaut. Les assiégés le repoussent vaillamment, «wsent leurs atta-

tuent & blessent un grand nombre d'hommes sans en chercher des ren-

perdre eux-mêmes un seul (i). Les Iroquois reviennent '«"'^s.

à diverses reprises iSc sont toujours battus avec perte des (0 Mariedennc;'r-

, , , j , . ^ . 11 uion, p. 549, 55o.

leurs, & même a leur très-grande contusion. Le qui surtout les irritait & excitait en eux le dépit & la fureur, c'était de voir que les Français osassent bien, en leur présence, couper les têtes des Iroquois reliés sur la place & en border le haut des pieux de leur réduit ; & que, malgré les transports de rage & de furie où les jetait un spectacle si humiliant, ils ne pussent en tirer vengeance dans aucune de leurs attaques. Durant ce temps, ils brisèrent les canots des Français, ainsi que ceux des Algonquins & des Hurons, & en lîrent des torches pour brûler la palissade mais les décharges des assiégés étaient si fréquentes, qu'il ne leur fut jamais possible d'approcher du retranchement. Ils jugèrent alors qu'ils ne viendraient pas à bout de forcer le réduit tant qu'ils ne seraient pas en plus grand nombre, & députèrent un canot pour appeler promptement à leur aide les cinq cents Iroquois qui les attendaient aux îles Richelieu. Le canot étant donc parti, ils ne firent plus d'attaque, & se contentèrent de bloquer le réduit, se tenant

1 11 i-j ^ - ..j-- 1'») Hirtoire du Mo.it

hors de la portée des mousquets ou a couvert derrière ^^,, parM.Doiiierdo

les arbres (2). Casson, de 1655 à

Dans ce retranchement, il n'y avait point d'eau; 6c la lâcheté des hlrons, soif, qui pressait les assiégés, les incommodait beaucoup '^"' «"'^ssent a len plus que le feu des Iroquois. Cette disette était même si extrême, qu'ils ne pouvaient plus avaler la farine dont ils s'étaient pourvus pour subsilter. Enfin, à force de creuser, ils parvinrent à trouver un petit filet d'eau bourbeuse, mais tout à fait insuffisante pour les désaltérer. Aussi, de

NEUI ; LEUR PEKFI-

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