‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 298 sur 428 · DE I.A CAMPAGNE DE SE RENFERMER DANS DES RÉDUITS CO.M MUNS · texte numérisé non relu

DE I.A CAMPAGNE DE SE RENFERMER DANS DES RÉDUITS CO.M MUNS

4" GUERRE. nrSSEIN DES IROQIOIS. 1G60. 42 I

en état de mettre en campagne assez d'homme^ pour les

repousser (i). Comme donc on craignait qu'ils ne re\-inssent o Emplois de m.

cette année avant le temps des récoltes, & ne ravageassent J''^'"s="son. f"'- •'<■

les moissons, M. d'Argenson jugea nécessaire d'envoyer

chercher des farines en France (2). « Nous sommes plus 2)Manedci'incar-

« en guerre que jamais, & encore plus dans la famine, n^''°n. ^5 juin iGOo,

« écrivait-il le 4 juillet 1660. Je renvoie ce vaisseau

(( promptement, parce qu'il n'a pas de vivres pour son

« équipage, 8: qu'ainsi il diminue nos provisions tous les

(( jours, mais particulièrement pour l'obliger à retourner,

(1 cette année, chargé de farines. Nous n'avons plus de blé

« ou fort peu, & il y a trois mois à attendre la récolte, que

« nous sommes en grand danger de ne pas faire, si les

« Iroquois exécutent ce qu'ils ont résolu pour ravager nos

« côtes f3). » ,.[^^ Emplois de M.

d Argenson, toi. 74.

Ils auraient en effet exécuté ce dessein, si la Provi- m.deuaisonneuvefait dence ne l'eût empêché par un événement qu'elle mena- ^"^^^ ^^^ iroq.uois, gea, & aussi par la rare prudence & le courage de M. de Maisonneuve. Au commencement du mois d'août de cette "■'■"^^ année 1660, seize Iroquois d'OiSguen parurent à Villemarie; mais, voyant que chacun y était sur ses gardes, quatre de ces barbares se détachèrent des autres, 8: feignirent de vouloir parlementer. Se confiant en la bonté ordinaire des Français, ils se présentèrent à M. de Maisonneuve, en lui demandant qu'il leur fût permis de descendre à Québec, afin de parler à M. d'Argenson. Ils avaient dessein, disaient-ils, de lui déclarer, de la part de leurs bourgs, que la guerre s'étant rallumée entre les Français 6c les Iroquois, ceux d'OiSguen prétendaient garder la neutralité, dont ils assuraient avoir toujours fait profession, ajoutant même qu'ils n'étaient jamais venus en guerre vers les habitations Françaises; & qu'enfin, pour plus grande marque de leur fidélité, ils voulaient demander au Gouverneur général le P. Ménard, qui avait été en mission chez eux pendant le séjour des Français à Onnontagué. M. de Maisonneuve vit aussitôt leur jeu, 8: les regardant plutôt

RRETE P.tR LA

i-'armée de ces BAK-

comme des espions que comme des ambassadeurs, dont ils n'avaient pas, en eflet, les marques ordinaires chez ces peuples, il crut que Dieu les lui mettait entre les mains pour en tirer deux avantages ; le premier, de pouvoir faire la récolte avec quelque assurance pendant qu'ils seraient détenus en prison; le second, de délivrer les Français captifs chez les Iroquois , par rechange qu'on en ferait avec ceux qu'il allait prendre. Il permit donc aux quatre prétendus députés de descendre à Québec, & les y fit conduire, dans le bac de Montréal, sous une bonne escorte qui accompagnait madame d'Aillebouft & le P. Mcnard lui-même. Arrivés à Québec, ces sauvages se donnèrent comme envoyés de leur nation, pour porter des colliers au P. Ménard, leur ancien pafteur, & le ramener dans leur pays : ce qui d'abord mit les Jésuites & le Gouverneur dans (i) Journal des Je- uue position fort embarrassante (i). Mais les nouvelles suites, 4 août 1660. q^^g saj-,s (Joute ils reçurent peu après de Villemarie durent les tirer de cette pénible situation; car, après le départ des quatre OiSguens pour Québec, M. de Maisonneuve lit saisir adroitement les douze autres, qui s'étaient postés dans une île proche de Villemarie; &, les ayant renfermés dans le Fort, il en renvoya deux ou trois dans leur pays, pour déclarer aux anciens que, s'ils voulaient recouvrer leurs compatriotes, ils eussent à renvoyer les Français qu'ils tenaient captifs depuis plusieurs années (2). Cependant les Iroquois, comme ils l'avaient projeté, vinrent, durant l'automne de cette année 1660, au nombre d'environ six cents, pour ravager les moissons. Mais ils s'abflinrent de tout afle d'hoftilité , dès qu'ils eurent appris qu'il y avait à 'Villemarie tous ces OiSguens détenus dans les fers, & résolurent de les tirer de là par ruse.

(2)ReIationde 1660, p. 37.

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