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GUERRE. DESSEIN DES IROQUOIS. 1G

ce signe, ne manqueraient pas d'aller à leur rencontre avec quelques Français ; que, par ce ftratagème, ils prendraient les uns & les autres afin de les échanger ensuite avec leurs prisonniers, & que, rechange une fois fait, ils se jetteraient sur les colons, enlèveraient les enfants & les femmes pour les emmener dans leurs bourgs, & extermineraient ensuite tous les hommes; car le dessein des Iroquois était de rester seuls maîtres du Canada, afin d'y vivre sans crainte d'aucun ennemi & d'avoir le monopole des fourrures pour les vendre aux Hollandais établis dans leur voisinage. Ce n"ell: pas qu'ils aimassent les Hollandais; ils leur faisaient même mille indignités que les Français n'auraient jamais pu souffrir; mais ils avaient besoin d'eux pour se procurer, par leur moyen , les fournitures d'Europe qui leur étaient nécessaires. Toutefois, l'armée dont nous parlons prit brusquement la résolution, sans avoir rien tenté contre Villemarie, de retourner sur ses pas, & cela à l'occasion d'un accident fortuit qu'elle regarda comme un mauvais augure de l'issue qu'aurait cette campagne. Ces Iroquois se divertissaient en poussant à l'eau un cerf ou une vache sauvage, lorsqu'il arriva que l'un d'eux, qui voulait tirer sur la bête, tira sur le chef de l'armée & le tua. Ces barbares, fort adonnés à la superftition, conclurent de là, selon leur préjugé commun en pareille rencontre, que la guerre qu'ils allaient entreprendre leur serait funefte; 8c il n'en fallut pas davantage pour les décider à ne pas poursuivre leur expédition & à retourner dans leur pays (i). (OManederincar- Dieu détourna ainsi le malheur qu'on avait craint pour la "^"°"' " ""J^'-'^o"

" '. Lett. 39«, p. 555o.->S.

récolte pendante, & les moissons se firent en paix (2}. ,2) 7^,^., ,3 sept.

« C'eff une grande faveur de la Providence pour ce pays, '•^ùo, p. 207.

« écrivait M. d'Argenson, le 4 novembre suivant, que les

« ennemis nous aient donné du repos pour nos récoltes ;

« car s'ils nous avaient molettes, la famine aurait été iné-

II vitable , & je crois même qu'on sera obligé de faire

« venir des farines de France par les vaisseaux , parce

« que je doute que nous en ayons assez pour passer ^^ ^^

Il l'année (3). » d'Argenson, toi. Si. "

NÉCESSITÉ d'envoyer DES TROUPES DE

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