‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 300 sur 428 · TRUIRE LES IROQUOIS · texte numérisé non relu

TRUIRE LES IROQUOIS

( i) Marie de l'Incarnation.

Après tant d'hostilités, tant de trahisons, tant de ruptures de paix de la part des Iroquois, les Français, informés du dessein qu'ils avaient conçu d'éteindre la colonie, furent remplis de tant d'indignation, qu'ils demeurèrent convaincus de la nécessité de détruire ces barbares. Aux Trois-Rivières & à Québec, quand on en prenait quelquesuns, on les mettait ordinairement entre les mains des Algonquins, qui les traitaient alors comme les Iroquois les traitaient eux-mêmes lorsqu'ils étaient pris, c'eft-à-dire^ qu'ils les faisaient périr par le feu. Ces exécutions barbares & cruelles devaient inspirer naturellement de l'horreur aux Français, surtout au commencement, & M. de Laval, en arrivant en Canada, ne put s'empêcher de les improuver comme excessives; mais, l'année suivante, 1660, il changea entièrement de sentiment & tomba d'accord avec toutes les personnes sages du pays qu'il fallait « ou exter- « miner les Iroquois, ou voir tomber la colonie (i). » Aussi M. d'Argenson, voyant que le dessein de ces barbares n'avait été que différé par l'affaire du Long-Saut, adressa immédiatement après cette action un Mémoire à la Cour pour montrer la nécessité d'envoyer des troupes, si l'on voulait, par le moyen d'une colonie, établir la Foi catholique dans le Canada. « Il n'y a que cette colonie, dit-il, qui soit dans la Communion de la sainte Eglise. Dans tous les autres endroits (de l'Amérique septentrionale, habités par des Européens) règne la dodrine d'Angleterre ou celle de Hollande, autant différente qu'il y a de sujets qui l'embrassent. La religion catholique a tout son appui dans la colonie Française, & si la colonie eft en péril, la religion court le même hasard. Il faut n'avoir point \u la situation de nos habitations Françaises, répandues le long du fleuve Saint-Laurent, pour ignorer le danger qu'elles courent , soit par la famine, si les ennemis brûlent les blés 6c tuent les bestiaux, ce que nous ne pourrions pas présentement empêcher; soit par l'armée des Iroquois, si elle se répand dans la campagne, comme c'était son dessein, ce prin-

(il'ER LES IROQL'OIS.

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