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LETTRES ET AMBAS

4'" GUERRE. MÉMOIRE PAR M. d'aRGENSON. i(56o. 425

(i temps. Elle était de sept cents hommes & s'eft conten- « tée de la défaite de dix-sept Français (& de celle de « quelques sauvages), & par là a été détournée d'enlever « & de brûler plusieurs habitations, tellement écartées les 0 unes des autres qu'elles ne doivent pas attendre de

. . I y 1 • ■ j (' ' Emplois du vi-

« secours. Les missions ayant une dépendance entière de comte d'Argenson. « la colonie, il ne faut pas espérer qu'elles subsiftent Mémoire sur le sujet

1 , I . • / \ de la guerre avec les

« après ces désolations (i). « iroquois.

Ce Gouverneur faisait remarquer que les Agniers étaient projet daller atta ceux qu'il fallait aller attaquer les premiers , dans leurs bourgades, comme étant les plus insolents de tous les Iro- sade au roi. quois & les principaux moteurs de la guerre contre les Français, ajoutant quAgnié se composait de quatre villages, dont deux fortifiés par les Hollandais, qui même leur avaient donné une pièce de canon. Proposant ensuite son plan de guerre, il dit que le Canada ne pouvait mettre en campagne plus de cent hommes; d'où il conclut que le roi devait envoyer des troupes, des vivres & des munitions; que ces troupes devaient être commandées par trois capitaines, l'un à l'avant-garde, l'autre à l'arrière-garde, le troisième au corps de bataille; qu'enfin l'attaque ne pouvait se faire l'hiver, que les Français périraient tous par le froid (2). L'ancienne France jouissait alors de la (2~ icmpiois du vipaix, à l'occasion du traité qu'elle venait de conclure avec l'Espagne, après une guerre de vingt-cinq ans, 8c du mariage du Roi avec l'Infante; & cette heureuse conjoncture faisait espérer l'arrivée d'un prompt secours. De leur côté , les Pères Jésuites en montrèrent aussi la nécessité dans la relation de cette année 1660 : « Que la France, <( y lit-on, dise seulement : « Je le veux, » & avec ce mot n elle ouvre le Ciel à une infinité de sauvages; elle donne « la vie à cette colonie , elle se conserve sa nouvelle « France & s'acquiert une gloire digne d'un royaume » très-chrétien. Saint Louis a autrefois planté les fleurs (1 de lis dans le sein du Croissant; ce ne sera pas aujour- « d'hui une conquête moins glorieuse de faire d'une terre

conile d'Arçenson, fol. (,.

(I infidèle une terre sainte^ que de retirer la Terre-Sainte

« des mains des infidèles. Encore une fois, que la France

« veuille détruire Tlroquois, il sera détruit. Deux régi-

(i)ReiationdeiCGo, « mcnts de bravcs soldats Tauraient bientôt terrassé (i). »

^' ■ Comme on était donc convaincu que, si Ton n'allait humi-

lier ces barbares, ils perdraient le pays en obligeant tous les Français à l'abandonner après en avoir tué autant qu'il leur serait possible, on jugea qu'il fallait employer des moyens plus .efficaces que de simples écrits pour obtenir ce secours^ devenu absolument nécessaire, & l'on députa le Père Le Jeune, qui partit avant la fin de cette année. Dans l'espérance où l'on était de voir arriver bientôt des troupes Françaises, on conftruisit un grand nombre de petits bateaux propres à porter chacun quinze ou vingt (2) Marie de Hncar- hommes (2), afin quc tout sc trouA'àt prêt quand le moment

nation, 2 nov. 1660. ^q l'expéditiou Serait venu; mais il était éloigné encore. L'épître adressée aii Roi par le Père le Jeune, qu'on voit en tête de la relation de l'année suivante, ne produisit pas (3) Relation de 1661, alors l'effet qu'ou s'en était promis (3), & la guerre se pro-

P- '• longea encore pendant cinq ans.

Lettre 59% p. 557.

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