‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 303 sur 428 · H0ST1L[TÉS AUX TROIS- RIVIÈRF.S · texte numérisé non relu

H0ST1L[TÉS AUX TROIS- RIVIÈRF.S

■3)Relation le 166 p. 3.

M de corps entrèrent dans la ville : car Ton n'entendait (c que des cris lamentables des femmes & des enfants de « ces pauvres défunts (i). » Ce ne fut que le 22 du mois de juin suivant, qu'on apprit par quatre prisonniers ramenés d'OiSgucn à Villemarie, que Pierre Martin, dit la Rivière, dont on avait inhumé les reltes, le 28 mars précédent, avait péri dans ce massacre (*). « On ne saurait " exprimer, dit à ce sujet M. de Casson, les afflidions « que causèrent à Villemarie les pertes qu'elle fit, en ces '< deux occasions, de vingt-trois de ses citoyens. Mais " Dieu, ajoute -t-il, qui n'aftlige les corps que pour le plus V grand bien des âmes , se servit merveilleusement de « toutes ces disgrâces & de ces frayeurs pour tenir chacun M dans son devoir à l'égard de l'éternité. Le vice était « alors presque inconnu à Villemarie ; & dans ce temps « de guerre, la religion y florissait de toutes parts, d'une (I tout autre manière qu'elle ne le fait aujourd'hui dans « la paix (2). Il

L'habitation desTrois-Rivières ne fut pas traitée avec moins de rigueur par les Iroquois. « Le cœur lui saigne « encore, lit-on dans la relation, de la perte qu'elle a faite, « presque en même temps, de quatorze F'rançais, enle- (' vés tous à la fois, es: de deux autres, avec une trentaine « de sauvages du pays des Po/550/75-5/rt;zc5, nos alliés (3j. » Ces derniers étant allés en traite avec deux Français, dans les terres, rencontrèrent quatre-vingts Iroquois; &. animés, sans doute, par l'exemple héroïque de DoUard 8c de ses compagnons d'armes, ils se battirent si vigoureusement pendant deux fois vingt-quatre heures, 8c avec tant de chaleur & de résolution, qu'ils se laissèrent percer

(*) Le récit que firent alors ces prisonniers porta M. Souart à

ajouter au regiilre mortuaire cette déclaration : « Pierre Martin, dit

^4) Rcillre mor- " ^"^ Rivière, fut tué par les Iroquois le jour de sa prise, 24 mars; &

tuaire de Villemarie " 1^ 28 du même mois nous enterrâmes une partie de son corps, sans

22 juin 166;. «■ connaître pour lors à qui elle avait appartenu (4 . »

de coups, sans jamais vouloir se rendre, aimant mieux être ensevelis glorieusement dans leur propre sang que dans les feux des Iroquois. Les femmes sauvages, qui se trouvaient dans cette bande, ne le cédèrent pas aux hommes en courage, n'épargnant rien pour se faire tuer plutôt que de tomber vivantes entre les mains de Tennemi. L'un des deux Français, fils de M. Godefroi, qui signala son courage par une longue & généreuse résiflance, animait tous les autres par sa présence. Au milieu du feu continuel que faisaient sur lui ces barbares, il soutint le choc avec une conltance qui le faisait paraître comme invulnérable, ne cessant d'encourager les siens par ses paroles & par son exemple, jusqu'à ce que, tout couvert de plaies, dont plusieurs étaient mortelles , il tomba enfin & se traîna, comme avaient fait les autres, vers un tas de corps morts, pour rendre le dernier soupir auprès de ses généreux compagnons d'armes. Vingt-quatre Iroquois demeurèrent sur la place, & tous les Algonquins firent merveille jusqu'au dernier soupir (i). La nouvelle de cette (i) Relation de 1661, défaite fut, peu après, portée aux Trois-Rivières par un p- 4- — Mane de 1 in-

. . . , , . , . carnation, p. 502.

des prisonniers qui s échappa des mains des vainqueurs. Ce fut une grande afïlidion pour tous les habitants ; pendant tout l'été, ils n'eurent pas plus de repos que ceux de Villemarie, voyant enlever sous leurs yeux, & quelquefois aux portes de leur bourg, tantôt des hommes, tantôt des enfants, sans pouvoir faire autre chose que de donner des larmes sur le sort de ces infortunés captifs.

Les Iroquois continuèrent leurs hoffilités en descen- hostilités près de dant le fleuve Saint-Laurent, & se rendirent dans l'île <i^ébec. rksoh.tion

j, Ji < 1 1 1 • ■ °" SÉNÉCHAL POUR

d Orléans, d ou les habitants se retirèrent presque tous secourir son beaupour éviter le carnage dont plusieurs autres avaient déjà été les vidâmes. Lorsqu'on eut appris à Québec la nouvelle des meurtres commis dans l'île d'Orléans & à la côte de Beaupré, M. Jean de Lauson, grand Sénéchal du pays, fils de M. Jean de Lauson, ancien Gouverneur, voulait aller attaquer les Iroquois; mais comme on n'était pas en

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