‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 307 sur 428 · GUERRE. CAPTIFS RENDUS AUX FRANÇAIS. I 66 I · texte numérisé non relu

GUERRE. CAPTIFS RENDUS AUX FRANÇAIS. I 66 I

« bien assuré de leur retraite, nous retournâmes dans

« notre maison, dit la Mère Juchereau, & Ton nous rendit

« le très-saint Sacrement. Cependant, de Tavis de Mgr

« rÉvêque & de celui du Gouverneur, nous résolûmes

« de faire travailler à ce que Ton croyait être le plus

« nécessaire pour mettre notre maison en état de dé-

« fense. Nous fîmes abattre alors les bois qui nous

(( environnaient encore, & qui auraient favorisé les Iro-

« quois en leur fournissant les moyens de se cacher. On

« jugea aussi qu'il fallait faire bâtir plusieurs guérites, &

« nous y consentîmes pour nous fortifier contre l'ennemi C" ) Annales de thô-

, • -^ t 1 / \ tel-Dieu de Québec,

« que chacun craignait beaucoup alors (i). » p. no.

Nous avons dit que les nations Iroquoises n'agissaient quatre prisonniers pas toujours de concert entre elles; & que, tandis que les unes exerçaient de cruelles hoftilités, d'autres dans le t.. ois. même temps venaient traiter de paix & d'alliance. Ainsi, le même jour que le Sénéchal fut tué, 22 juin 1661 (2), (2) Regiftre des séparurent au-dessus de Villemarie, deux canots d'Iroquois, r"''"''".--)"'" 'S'""qui, portant un pavillon blanc, venaient hardiment, sous les auspices de cet étendard, se mettre entre les mains des Français, comme si leurs propres mains n'étaient pas encore teintes du sang des colons, qu'elles avaient versé avec tant de cruauté & de perfidie. Il efi: vrai qu'ils portaient avec eux un passe-port qui pouvait leur donner partout une entière assurance : c'étaient quatre Français captifs qu'ils venaient rendre pour caution de leur sincérité. L'arrivée de ces captifs répandit l'allégresse dans "Villemarie, & avec d'autant plus de raison, qu'on avait cru jusqu'alors ne plus les revoir. Après que chacun leur eut donné des témoignages empressés d'amitié & de félicitation, on les interrogea sur le sort des autres captifs pris à "Villemarie & emmenés comme eux au pays des Iroquois. Ils racontèrent que l'un d'eux, Jean Millet, âgé de quarante ans, avait été tué à coups de bâton en arrivant à la bourgade Iroquoise; que Pierre Cauvin, dit le Grand- Pierre, de la basse Normandie, avait aussi été tué; que

Pierre Martin, dit la Rivière, n'avait point été conduit au pays des Iroquois, ayant été massacré sur la place, dans le combat du 24 mars dernier, comme il a été dit; que Pierre Pitre, Hollandais, s'était échappé des mains des ennemis ; &, comme depuis ce temps il n'avait pas reparu à Villemarie, on conclut qu'apparemment il était mort de faim dans les bois. Enfin, ils rapportèrent que Michel Messier, âgé de vingt & un ans, pris avec eux, avait été brûlé par les OnneiSrons, sans pouvoir préciser le jour de sa mort. Cette nouvelle surtout répandit le deuil dans Villemarie : Michel Messier étant allié aux familles les plus honorables. Il avait épousé Anne Le Moyne, 8^ par là était devenu beaufrère de Jacques & de Charles Le Moyne & de Jacques Le Ber. Mais heureusement la nouvelle de cette mort se trouva fausse : car quelque temps après on apprit avec certitude (i) Regiftre mor- que Michel Messier vivait encore, & nous verrons, en tuaire de Villemarie, ^^ ,-j ^ ramené à Villemarie (i) n.

22 juin IDOI. ' T- V / \ /

PROPOSITIONS DES AM- Lcs ambassadeurs Iroquois qui ramenèrent ces quatre

captifs, s'annoncèrent comme envoyés par ceux d'OiSguen & d'Onnontagué, pour porter les paroles de ces deux nations, & demandèrent audience. M. de Maisonneuve assigna le jour du pourparler, & en attendant, on les reçut sans défiance, comme s'ils eussent été innocents de tous les meurtres qui venaient d'être commis. Le jour étant venu, le chef de cette ambassade, l'un des plus considérables capitaines d'OiSguen, étala vingt présents de porcelaine, qu'il accompagna de harangues pompeuses, dans le but d'obtenir la liberté de huit OiSguens, ses compatriotes, détenus depuis vm an à Villemarie; & c'était là le point le plus important de sa commission. Pour déterminer plus stirement les Français à relâcher ces captifs, il

(*) Michel Messier, appelé peu après sieur de SainuMichel,

(2)Re?iaredeVilIe- d'une seigneurie qu'il mit en valeur, eft diftingué de Jacques Mes-

marie. i^aria^es 23 sier, son oncle, dont il eft fréquemment parlé dans les afles du

BASSADEURS IROQUOIS

février i658. temps (;

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