‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 308 sur 428 · GUERRE. AMBASSADE IROQUOISE · texte numérisé non relu

GUERRE. AMBASSADE IROQUOISE

brisa les liens des quatre qu'il avait amenés; & promit la

liberté des autres reftés à Onnontagué, au nombre de plus

de vingt, en donnant mille assurances de la bonne volonté

de cette nation envers les Français, nonobftant tous les

ades dhoflilité commis les deux années précédentes. Par

Tun de ces présents, il demanda qu'on envoyât chez eux

des Religieuses, tant de celles qui prenaient soin des

malades, que de celles qui vaquaient à Tinftrudion des

enfants, voulant parler des Hospitalières & des Ursu-

lines (i); enfin, par la dernière de ses paroles, qu'il porta (,) Relation de iGôi,

d'un ton plus sérieux : « Il faut, dit-il, qu'une robe noire p- ?•

« vienne avec moi, sans cela point de paix ; & la vie des

« vingt Français captifs à Onnontagué eft attachée à ce

« voyage. »

En disant cela, il produisit une feuille d'un livre, à la j, ^^ musJnneuve marge de laquelle étaient écrits les noms des vingt Français, renvoie les ambascomme pour donner plus de créance à cette ambassade. La réponse, comme on voit, était assez embarrassante : il s'agissait ou de laisser périr vingt captifs Français, ou d'en exposer d'autres à la perfidie de ces traîtres qui venaient demander ainsi la paix les armes à la main. Mais la demande qu'on mettait pour condition à la liberté des captifs était de trop grande conséquence pour que M. de Maisonneuve, gouverneur particulier de Villemarie, pût y répondre de sa propre autorité, n'ayant pas le droit d'envoyer chez les Iroquois des Missionnaires ni des Religieuses. Il répondit donc aux ambassadeurs qu'il était nécessaire de donner connaissance de leur demande au Gouverneur général, & qu'en attendant sa réponse, ils pourraient refter en toute assurance dans le Fort de 'Villemarié, ce qu'ils acceptèrent ( 2). M. de Maisonneuve (2^ Relation de 1661,

envoya donc en diligence ces nouvelles à Québec, « La p-s— H|fto'■■e'^erHô- J . . " . ^ . . tel-Dieu de Qujbec,

« désolation y était alors si générale, à cause du sang qui par a Mère Juche- « coulait de tous côtés, 8: des maisons brûlées par les reau,p. 132,133,134. « ennemis, dont les reftes fumaient encore, que, lorsqu'on « apprit ce qui se passait à 'Villemarie, on fut contraint.

SADEURS AU GOUVER- NEUR GÉNÉRAI..

440 n' PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

M. d'aRGENSON , DANS

l'État de faiblesse

ou IL ÉTAIT, ACCORDE AUX AMBASSADEURS

CE qu'ils demandent.

(i) Relation de 1661, p. 9, 10.

(2) Journal des Jésuites, 2 juillet 16G1.

(( dit la relation, de faire comme font ceux qui se noient : (( ils se prennent à tout ce qu'ils rencontrent, jusqu'à un (I fer tout rouge, s'il se présentait; ou comme les mariniers « qui, dans la tempête, ayant perdu leur route, s'aban- « donnent au gré des vents, sans examiner s'ils leur sont « favorables ou contraires.

« Tous les Français s'assemblent pour opiner sur les propositions de l'ambassade; & quoiqu'ils sachent très-bien que la paix n'eft demandée que par deux nations Iroquoises tant de fois infidèles à leurs alliances, & qu'on aura tout à craindre de la part des trois autres, surtout de celles desAgniers, on ne voit d'autre moyen pour suspendre le cours de tant d'ades tragiques qui désolaient les habitations Françaises, que d'exposer à la mort quelqu'un des Pères Jésuites, dans l'espérance d'obtenir par là la délivrance des Français captifs; & le P. Simon Le Moyne fut désigné pour accompagner les Iroquois. M. d'Argenson répondit donc aux ambassadeurs qu'il ouvrait les prisons de Villemarie, & rompait les fers des OiSguens qui y étaient détenus. Il ajouta, qu'il leur donnait le P. Le Moyne pour aller travailler sur les lieux à la délivrance des captifs; enfin il les somma de garder la parole qu'ils lui avaient donnée, de retourner au bout de quarante jours avec les Français & quelques anciens de leurs nations, pour traiter à Québec des affaires publiques, pendant que le P. Le Moyne demeurerait en otage dans leur pays & vaquerait aux fondions de sa mission (i). » En conséquence, le 2 juillet 1661, le P. Chaumonot partit de Québec pour porter aux ambassadeurs Iroquois, à Villemarie, la réponse de M. d'Argenson; & avec lui se trouvait le P. Le Moyne qui devait les accompagner à Onnontagué pour travailler à la délivrance des Français captifs, qu'on eftimait être au nombre de vingt-cinq ou trente (2). On comprend sans peine combien l'issue du voyage du P. Le Moyne tenait tous les colons dans la crainte & l'anxiété. « L'on fait des

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