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GUERRE. LE P. LE MOYNE CHEZ LES IROQUOIS. I 66 I

recherches, écrivait la Mère de rincarnation, pour savoir

si ces sauvages, venus en ambassade, ne sont point ;

d'intelligence avec les Agniers; on n'a rien pu découvrir encore, & il a été résolu que le P. Le Moyne irait avec eux, pour tâcher de découvrir si la paix qu'ils demandent n'efl point un piège pour nous surpren- ,0 Marie de rincar-

c\re fl) n nation, oftob. 1661.

Mais quelques Agniers, qui rôdaient autour des ha- nouvelles hostilités bitations Françaises pour y exercer leurs brigandages ordi- '* villlemarie. naires, ayant appris cette ambassade, en firent de grandes railleries, & assurèrent les Français qu'elle n'était qu'un jeu dont ceux d'OiSguen s'étaient servis pour tirer des fers les captifs de leur nation détenus à Villemarie (2). Il efl (2) Relation de 1661, certain qu'après le départ du P. Le Moyne & la reftitution f" "' des huit Iroquois prisonniers, on n'eut pas plus de calme qu'auparavant, & que, le 14 août de cette même année 166 1, les Iroquois tuèrent à la pointe Saint-Charles, proche de "Villemarie, un brave colon, Jean Pichard, âgé de vingtneuf ans. C'était le même que, le 18 avril 1660, Jean Valets, l'un des héros du Long- Saut, avait fait, par son teftament, l'héritier de tous ses biens (3). Avant la fin de (3) Greffe de viiiece mois parut à 'Villemarie une bande d'Iroquois Onnon- mjirie..^aedeBnsset,

^ . . * .10 avril loOo.

tagués, conduits par Outreouati, capitaine renommé, qui,

ayant été détenu, deux ans auparavant, dans les fers à

Villemarie, & s'en étant échappé, avait résolu de venger

sa détention par la mort de quelques Français de

marque (4). Ce fut cette bande qui, le 29 août de cette (4) Relation de 1 661, :

même année, se rendit coupable du meurtre de l'un des p- ^^•

prêtres du séminaire, M. Jacques Lemaître, dont il a déjà

été parlé.

Nous avons dit que M. Olier, demandant à plusieurs m. le mmtre économe

de ses disciples réunis autour de lui qui d'entre eux était prêt de passer au Canada, M. Lemaître s'était offert spontanément, en l'assurant qu'il était prêt à aller chercher les sauvages dans leur pays pour leur annoncer l'Évangile.

DU SEMINAIRE DE VIL- LEMARIE.

442 n^ PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

A quoi M. Olier avait répondu : « Vous irez en Canada (( travailler à leur conversion, mais vous ne vous mettrez « point en peine d'aller les chercher hors de Villemarie & « en leur pays. Ils viendront bien eux-mêmes vous y cher- (( cher, & un jour vous vous trouverez tellement entouré u par eux, que vous ne pourrez vous échapper. » En entendant ce discours , M. Lemaître , qui avait un grand désir de se dévouer à la conversion des sauvages, s'imagina qu'un jour ils viendraient le chercher eux-mêmes, pour être inftruits par lui des vérités de la Foi. Cette pensée le consola beaucoup & lui fit entreprendre plus tard le voyage de Canada avec une joie toute particulière. Il fut cependant un peu surpris qu'après son arrivée à Villemarie on lui donnât la charge d'économe de la maison, qu'il accepta par pure obéissance, & qui semblait lui donner peu de facilité pour travailler à la conversion des sauvages, & en particulier à celle des Iroquois. Il commença dès lors d'apprendre la langue, & par un effet de l'affedion qu'il leur portait, il avait pour eux des entrailles de père; quand il en paraissait quelques-uns à Montréal, il leur faisait l'accueil le plus gracieux; &, usant alors de la liberté que lui donnait sa charge d'économe, il aimait à leur faire quelque largesse, surtout à leur donner à manger. La sœur Morin ajoute que M. Lemaître avait une dévotion particulière envers saint Jean-Bdptifte, & ce fut le jour anniversaire de celui où le roi Hérode avait fait trancher la tête à ce saint précurseur, que les Iroquois Onnontagués dont nous parlons coupèrent celle de M. Lemaître, le 2g août 1661, ainsi que nous allons le raconter.

MORT DE M. LEMAITRE. Après qu'll cut célébré ce jour-là la sainte Messe, il

sortit de Villemarie & s'achemina vers le lieu de Saint- Gabriel, l'esprit occupé sans doute, comme il eft à présumer, de l'objet de la fête du jour, &, ainsi qu'ajoute M. Dollier, du désir de sacrifier sa tête pour Jésus-Chrift, à l'imitation du grand saint Jean-Baptifte. Chargé du temporel de la communauté, il allait à Saint-Gabriel pour

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