SON RAPPEL
M. d'argenson a QLÉBhx." i65g KT suiv. 4Ô5
trois ans, la joie qui éclata alors montre combien ce Gouverneur avait su f^agner l'affedion de la colonie. « Nous avons rendu grâces à Dieu, écrivait sur ce sujet la n Mère Marie de Tlncarnation : la joie a été universelle 8c « publique, & nous souhaiterions qu'il fût continué dans •' sa charge par Sa Majefté le refte de ses jours. Si mes- « sieurs de la Compagnie savaient son mérite, ils s'em- « ploieraient assurément à se procurer ce bien à eux- OManedciincar-
'■ nation , lettre qo',
« mêmes & à tout le pays (i). » 17 sept. iGoo, p. 204.
Mais, nonobrtant cette nouvelle, M. d'Argenson ne m. dargenson demande reçut point, pour les motifs que nous expliquerons plus tard, les lettres de continuation que la grande Compagnie lui avait fait espérer; en sorte que, voyant de plus en plus l'impuissance où il était de procurer le bien du pays, il résolut de repasser en France. Il aurait même quitté son Gouvernement avant d'être remplacé, s'il eût trouvé en Canada, après la mort de M. d'Ailiebouft, arrivée sur ces entrefaites, un homme à qui il eût pu le confier. « Je mande à messieurs de la Nouvelle-France, écrivait-il à son frère, de pourvoir à mon Gouvernement, parce que ma santé ne me permet pas d'en supporter plus longtemps les fatigues. Ils avaient dessein de me continuer, & m'avaient fait espérer qu'ils m'enverraient les expéditions de ma continuation. Je suis bien aise qu'ils s'en soient oubliés, parce qu'ils auraient la peine d'en expédier encore d'autres. Faites en sorte qu'on choisisse une personne qui ait, outre la vraie piété, une grande fermeté d'esprit 8: une forte santé, &, ce qui eff absolument nécessaire, qui ait assez de condition pour qu'on ne méprise pas sa naissance, & de bien pour qu'on ne croie pas qu'elle vient ici faire sa fortune : car cela ruinerait tout le bien qu'il pourrait entreprendre. Messieurs de la Compagnie de la Nouvelle-France peuvent s'assurer que ce n'ell aucun mécontentement de leur part qui me fait résoudre mon retour. Ma faiblesse 8: les oppositions qu'on fait naître tous les jours m'empêchent de leur
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